Une plainte déposée en France pour "complicité de torture" contre le prince héritier saoudien

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La rédaction de FranceSoir.fr
Publié le 10 avril 2018 - 16:36
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Photo distribuée par le palais royal saoudien montrant le prince héritier Mohamed ben Salmane, le 26 novembre 2017 lors d'une réunion officielle à Ryad
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© BANDAR AL-JALOUD / Saudi Royal Palace/AFP/Archives
Le prince héritier d'Arabie saoudite est visé par une plainte alors qu'il est en voyage officiel en France.
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Mohamed Ben Salmane, prince héritier d'Arabie saoudite, a été visé par une plainte déposée par une association yéménite pour son rôle dans la guerre au Yémen. Il est accusé de "complicité de torture et traitements inhumains".

Mohamed Ben Salman ce serait bien passé de cette plainte pour son premier voyage officiel en France, débuté lundi 9 et qui s'est achevé ce mardi 10. Le prince héritier d'Arabie saoudite est en effet visé par une action en justice, déposée à Paris, pour "complicité de torture et traitements inhumains" au Yémen.

Cette procédure a été engagée par deux avocats parisiens, Joseph Breham et Hakim Chergui, au nom de Mohamed Husein Taha, le représentant d'une association yéménite de défense des droits de l'homme, le Legal center for rights and development. 

Lire: Le prince héritier saoudien en visite diplomatique et culturelle à Paris

En effet, le prince héritier dirige la coalition arabe à dominante sunnite engagée dans la répression des rebelles houthis appartenant à une branche de l'islam chiite, qui contrôlent la plus grande partie du nord du Yémen et la capitale, Sanaa, avec le soutien de l'Iran, rival régional de l'Arabie saoudite.

Selon la plainte déposée, Mohamed Ben Salmane, ministre de la Défense saoudien depuis 2015, est accusé d'avoir sciemment ordonné à l'aviation du royaume de frapper des objectifs civils dans le cadre du conflit yéménite, comme des hôpitaux, des marchés, ou des camps de réfugiés.

"La plainte évoque aussi l’utilisation d’armes à sous-munitions, une catégorie d'armes interdite par une convention internationale approuvée par 108 États, dont l'Arabie saoudite ne fait pas partie. Ainsi que des «disparitions forcées» et des prisons secrètes qui seraient tenues par des Émiratis", rapporte France info qui révèle l'information.

Le conflit yéménite, extrêmement complexe en raison notamment de son caractère tribal, a provoqué selon l'ONU "la pire crise humanitaire au monde".  D'après le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), 22,2 millions de Yéménites, soit 76 % de la population, ont besoin d'aide et près de 8,4 millions de personnes sont confrontées à la faim, contre 6,8 millions en 2017.

Plus de 10.000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit dans lequel sont utilisés des armes vendues par la France à différents membres de la coalition arabe.

Voir aussi - Florence Parly: les armes françaises vendues à l'Arabie saoudite "n'étaient pas censées être utilisées" au Yémen

Interrogée sur cette question brûlante en février dernier, la ministre des Armées Florence Palry avait botté en touche. "Beaucoup de pays sont confrontés à cette situation: avoir livré des armes à d'autres pays alors que ces armes n'étaient pas censées être utilisées", avait-elle déclaré. Et d'ajouter: "L'utilisation des armes, une fois livrées, est normalement encadrée. Mais les conflits peuvent évoluer. Qui pouvait imaginer la survenance de ce conflit au Yémen?".

A noter que les exportations d'armes françaises aux Emirats arabes unis, dont l'aviation est une composante importante de la force aérienne de la coalisation anti-houthis, sont également pointées du doigt par de nombreuses ONG.

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