Immobilier : la piétonnisation du centre de Paris pourrait faire flamber les prix

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FranceSoir
Publié le 28 mai 2021 - 14:50
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De nombreux actifs en couple sont exclus du marché immobilier parisien par la flambée des prix
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© Jacques DEMARTHON / AFP/Archives
L'immobilier à Paris
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En rendant semi-piétonne une partie du centre de la capitale, la mairie de Paris pourrait enclencher une forte hausse des prix de l’immobilier dans ces quartiers, qui comptent déjà parmi les plus chers de la ville.

Une zone à trafic limité dans le centre de Paris

Pouvoir arpenter les rues de Paris de la place de la Bastille à la Rue Royale, ou de la place de la République au boulevard Saint-Germain sans croiser de voitures, ou presque. D’ici 2022, cela devrait être possible. C’est en tout cas le souhait de la Mairie de Paris qui veut, d’ici l’an prochain, mettre en place une zone à trafic limité dans l’extrême centre de la capitale. Ainsi, dans les quatre premiers arrondissements ainsi que dans la partie de la rive gauche située au nord du boulevard Saint-Germain dans les Ve, VIe et VIIe arrondissements, « seuls les riverains, les bus, les taxis, mais aussi les artisans, les professionnels ou les livreurs pourront continuer à se déplacer ».

Si cette mesure ravit les riverains, les aspirants Parisiens pourraient bien déchanter. Et pour cause : cette valorisation pourrait aussi entraîner une flambée des prix de l’immobilier dans Paris-Centre, où les biens s’arrachent déjà à prix d’or : en moyenne 13 000 euros le m2.

Un risque d’enclave touristique

Interrogé par Le Parisien, Sébastien Bourdin, professeur en géographie économique à l’EM Normandie et spécialiste de la piétonnisation des villes rappelle qu'« aucune étude scientifique n’a été menée sur ce sujet ». « Toutefois, si la piétonnisation améliore la qualité de vie, qu’il y a moins d’externalités négatives liées à la voiture, ça peut générer une augmentation des prix de l’immobilier car ils sont indexés à cette qualité de vie », avance l'expert.

Une analyse que partage Delphine Herman, chasseuse immobilière et fondatrice de Homelyoo. Selon elle, la piétonnisation de l’hyper-centre parisien « va en augmenter la fréquentation touristique et donc l’intérêt des investisseurs qui vont se jeter sur les petites surfaces pour en faire de la location touristique, plus rentable, et faire monter les prix ». Elle craint ainsi que cette « zone de trafic limité » ne se transforme en « enclave touristique ».

Un contre-exemple à Bruxelles

Si le risque d’une forte augmentation des prix de l’immobilier à Paris est réel, il existe un contre-exemple à ce scénario à Bruxelles, où la piétonnisation de la vieille ville entamée en 2015 a entraîné une chute des prix immobiliers. « On a perdu 20 % d’un coup sur les beaux appartements et on rattrape tout juste aujourd’hui le creux », explique au Parisien Evelyne Gielen, agente immobilière à Bruxelles depuis 20 ans. Selon elle, cette baisse des prix est due à un « périmètre trop large dès le début, avec des règles qui changent tout le temps, une zone semi-piétonne où il y a toujours des voitures ».

Toutefois, contrairement à Paris où les arrondissements du centre comptent parmi les plus chers, les habitants les plus aisés de Bruxelles vivent, eux, en périphérie de la capitale belge. Le centre de Paris bénéficie aussi d’un réseau de transport très dense, alors qu’il est bien moins développé à Bruxelles.

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