Prix de l'énergie : Le Maire veut "tempérer la logique de marché" en Europe

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Par AFP - Paris
Publié le 08 novembre 2021 - 08:30
Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Presse)
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Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à l'Elysée, le 3 novembre 2021
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© GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP/Archives
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à l'Elysée, le 3 novembre 2021
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Malgré le scepticisme d'autres Etats, la France veut toujours réformer le marché européen de l'électricité, a déclaré lundi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire dans un entretien à l'AFP, défendant la nécessité de "tempérer la logique de marché" pour le consommateur final.

"Il y a une nécessité à agir pour protéger les consommateurs" d'une hausse des prix qui sera "durable", a souligné M. Le Maire, avant une réunion des ministres des Finances européens lundi et mardi.

La France propose trois mesures, dont la création d'un mécanisme de "stabilisateur automatique" du prix de l'électricité, qui "permette de transférer les gains" que peut faire un producteur lorsque le prix de l'énergie est élevé sur le marché vers le fournisseur qui les "répercute ensuite vers le consommateur, particulier ou entreprise".

M. Le Maire plaide également pour la mise en place de contrats de long terme bas carbone pour les entreprises, et l'obligation d'offrir aux consommateurs une offre à prix stable.

"Aucun citoyen européen ne peut accepter d'avoir des variations de 20, 30, 35% de sa facture d'énergie. C’est tout simplement insupportable", a-t-il ajouté à son arrivée à Bruxelles, lundi après-midi.

Le ministre français a souligné que ces propositions étaient soutenues par l'Espagne, la Grèce et la République tchèque.

Mais une majorité de pays restent réticents. "Je ne crois pas que cela résoudra le problème immédiat que nous avons", a estimé lundi le ministre néerlandais des Finances, Wopke Hoekstra, jugeant "plus rapides et efficaces" les dispositifs de soutien aux ménages déjà adoptés par plusieurs pays, dont la France.

La semaine passée, lors d'un sommet européen extraordinaire sur l'énergie à Luxembourg, l'idée française d'une réforme du marché de l'électricité avait été accueillie fraîchement par les ministres européens de l'Energie.

Onze pays (Allemagne, Autriche, Luxembourg, Danemark, Estonie, Finlande, Irlande, Lettonie, Pays-Bas, Belgique, Suède) s'étaient ainsi prononcés contre toute réforme, jugeant que la crise actuelle dépend de "facteurs mondiaux" conjoncturels.

La Commission européenne avait, elle, jugé "efficace" le système actuel dit de "tarification marginale", où le prix de la dernière unité de production d'électricité qui démarre en Europe (souvent une centrale à gaz) fixe le prix de marché, estimant qu'il encourage le développement des énergies renouvelables, au coût de production faible.

Si la France "ne veut pas revenir" sur le fonctionnement du marché de gros, entend rassurer Bruno Le Maire, elle souhaite aménager le marché de détail pour les particuliers et les entreprises, y compris pour des raisons environnementales.

M. Le Maire estime que "la conjonction de l’épuisement des énergies fossiles et de l'augmentation du prix carbone va mécaniquement conduire de manière structurelle à une augmentation du prix des énergies fossiles". Pour accélérer l'électrification, "la décarbonation de l'économie et la transition écologique", il juge donc nécessaire de "découpler" le prix de l'électricité du prix des énergies fossiles.

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