Prise d'otages à Dammartin: les employés d'Aldi forcés de rattraper les heures perdues

Prise d'otages à Dammartin: les employés d'Aldi forcés de rattraper les heures perdues

Publié le 20/01/2015 à 13:37 - Mise à jour à 16:08
©Eric Gaillard/Reuters
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): MM
-A +A

C'est une annonce particulière que la direction de l'entreprise Aldi Marché de Dammartin-en-Goële, où s'est terminé la cavale des frères Kouachi, a fait à ses employés ce mardi matin. Les heures passés confinées dans l'entreprise par mesure de sécurité pendant l'assaut ne seront pas décomptées.

Lors de la prise d'otages perpétrés par les frères Kouachi à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) vendredi 9 janvier, les employés des entreprises situées près du bâtiment où s'étaient retranchés les terroristes ont été évacués ou confinés par les forces de l'ordre par mesure de sécurité. Tout cela semble tout à fait normal et parfaitement compréhensible. Simplement, chez Aldi, on ne transige pas avec les heures de travail. C'est ce qu'ont découvert ce mardi matin les employés de cette entreprise située à quelques mètres des lieux de la prise d'otages (qui n'en était pas vraiment une).

Une quinzaine de salariés, selon leurs représentants syndicaux, n'ont donc pas pu faire leurs sept heures de travail quotidien, le fameux vendredi, car ils étaient confinés dans leurs locaux par les hommes du RAID et du GIGN. Leur journée a donc été écourtée de trente minutes à une heure et demie, selon leur heure d'arrivée le matin. Pour la direction de l'entreprise, le temps de travail n'a pas été effectué et donc ne sera pas décompté.

"Je suis scandalisée", indique Laurence Moissard, déléguée du personnel CFTC, au Parisien. "On quitte les lieux par mesure de sécurité et on nous retire le temps en dessous des sept heures! Il aurait fallu que l'on dise au GIGN: +Attendez, on ne peut pas partir tout de suite, on n'a pas fait nos sept heures+!". Quatre salariés n'ont, eux, pas pu rejoindre leur lieu de travail du fait des barrages routiers. "Eux, on leur a carrément enlevé leurs sept heures du compteur", poursuit la représentante du personnel.

Du côté de la direction d’Aldi Marché, contactée par Le Parisien, on assume pleinement la décision, précisant qu'"aucune réduction de salaire n'est envisagée". Le gérant, Bertrand Combot, assure par ailleurs que les salariés ayant connu une journée plus longue que d'habitude (arrivés à 4 heures du matin et partis vers 16h30 lors de l'évacuation par les forces de l'ordre) verront leur compteur d'heures travaillées crédité.

 

Auteur(s): MM

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Dammartin-en-Goële a vécu en état de siège quelques heures venrdredi 9 janvier.

Newsletter


Fil d'actualités Société




Commentaires

-