Biodiversité : comment les bruits humains nuisent à la faune et la flore ?

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FranceSoir
Publié le 09 septembre 2021 - 14:20
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Les animaux et les plantes sont impactés par les nuisances sonores
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Sebastian Willnow / dpa / AFP
La cohabitation entre l'homme et l'animal est difficile, notamment en milieu urbain
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Il n'existe presque plus de zone vierge de bruits anthropiques (générés par l'Homme). On avait déjà conscience de l’impact des bruits produits par le trafic maritime sur les fonds marins, grâce aux images montrant des animaux échoués sur les plages car désorientés par le vrombissement continu des moteurs, des portes-containers et autres chalutiers. Mais plusieurs récentes études montrent que l’on ne doit pas négliger le bruit généré sur terre et son impact sur la biodiversité.

Stress, troubles du sommeil, anxiété : on connaît depuis longtemps l'impact des nuisances sonores sur l'homme. Mais on se soucie moins de celui qu'engendrent les bruits anthropiques sur les animaux. Plusieurs études récentes sont là pour nous apprendre ou nous rappeler que les bruits générés par l'homme sont pourtant loin d'être neutres pour la biodiversité.

La biologiste canadienne Rachelle Buxton explique dans une récente étude qu’il faut distinguer deux sortes de bruits : les bruits forts et les sons continus. Mais tous deux ont plusieurs impacts sur les animaux : stress, perte d’audition et, naturellement, effets comportementaux. De nombreuses espèces ont en effet plus de mal à communiquer dans un environnement bruyant et cela impacte bien entendu leur répartition sur le territoire mais aussi, plus grave encore, leur reproduction et leurs habitudes alimentaires. Si certaines espèces parviennent à s’adapter, en modulant leurs fréquences ou en changeant leurs habitudes pour se faire entendre, ce n’est pas le cas de tous. Certaines chauve-souris par exemple, perturbées par les bruits humains, doivent chasser trois fois plus longtemps pour trouver de quoi se nourrir.

Quand la faune souffre du bruit, la flore souffre aussi

Outre cet impact direct sur les animaux, les scientifiques observent également un effet domino : en fuyant certaines zones trop bruyantes, les oiseaux marins laissent la place à davantage d’insectes nuisibles, ce qui impacte négativement les espèces végétales. Sans oublier que l’absence de déjections animales ralentit la progression de certaines plantes. Selon une autre étude conduite par Lilach Hadany, de l’université de Tel-Aviv (Israël), certaines plantes telle que l’Onagre bisannuelle voient la concentration en sucre dans son nectar diminuer en l’absence des fréquences des bruissements d’ailes des pollinisateurs.

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Quelles solutions pour réduire les bruits nuisibles pour la biodiversité ?

Pour les chercheurs qui savent que lutter contre le bruit nuisible est l’une des facettes du combat contre le changement climatique, la végétalisation des bâtiments et des sols en espace urbain est une piste prometteuse : elle permet de réduire la réverbération du son dans l’espace, et, par ricochet, son impact sur les animaux. La réduction de la vitesse des engins maritimes et terrestres, la construction de murs anti-son sur terre et de rideaux de bulles en mer sont d’autres pistes explorées pour limiter l’impact de l’activité humaine sur la faune et la flore. Les mentalités évoluent et il est désormais incontournable, lors d’un chantier, de demander une étude d’impact sur la biodiversité. Cependant, la législation n’est pas suffisamment contraignante pour que l’environnement passe avant l’économie.