Journée mondiale des océans: quelles initiatives pour stopper la pollution des mers?

  •  Vous appréciez FranceSoir, soutenez son indépendance !  

Journée mondiale des océans: quelles initiatives pour stopper la pollution des mers?

Publié le 08/06/2020 à 10:34 - Mise à jour à 16:07
Louis Hansel / unsplash
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): FranceSoir
-A +A

La journée mondiale des océans se célèbre aujourd'hui, comme tous les 8 juin. Tout le monde aime la mer et attendait avec impatience le déconfinement et l'ouverture des plages et des accès aux mers et océans. Mais qui pouvait imaginer que ces retrouvailles seraient synonymes de millions de masques de protections, de gants et sacs en plastiques et autres mégots habituels jetés à l'eau? La pollution de la mer est l'un des problèmes environnementaux les plus urgents auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui. Nous faisons le point sur les initiatives technologiques visant à mettre fin à ce problème.

Un impact environnemental, sanitaire et économique

Une étude publiée en avril 2019 révèle que la quantité de plastique dans nos océans a considérablement augmenté depuis que son utilisation s'est généralisée dans les années 50 et que ce problème est susceptible de s'aggraver. 
La pollution des océans affecte plus de 600 espèces marines. L'image des tortues et autres animaux marins protégés, prisonniers de déchets en plastique, est plus ou moins connue de tous, mais ce que l’on connait moins c'est l'impact négatif que cette pollution a sur l'économie. Le cabinet d'audit Deloitte a calculé que le coût annuel de la pollution plastique marine pourrait s’élever à 18 milliards d’euros par an pour les secteurs économiques clés liés aux activités côtières. L'impact sur notre santé n'est pas non plus négligeable car les polluants toxiques des plastiques arrivent aussi jusqu'à nos assiettes une fois les aliments marins pêchés.

Des raisons plus que suffisantes pour investir les dernières innovations technologies dans la lutte contre le plastique dans les océans.

Des plateformes qui filtrent les déchets

A l'âge de 18, il y a 6 ans, le jeune entrepreneur néerlandais Boyan Slat avait lancé, dans le cadre de son projet “The Ocean Clean Up, une solution pour nettoyer les océans en disposant des plateformes et barrières de filtrage dans des zones stratégiques”. Son idée révolutionnaire avait fait la une des médias du monde entier à l'époque et le projet continue aujourd'hui à déployer ses outils d'interception du plastique dans tous les océans, mers et même les rivières et les fleuves. Dans son sillage, on utilise aujourd'hui des péniches à énergie solaire dans les rivières et fleuves car ces cours d'eaux sont en réalité les principales sources de plastiques dans les océans, avec 90% de tous les plastiques provenant de seulement 10 systèmes fluviaux.

Ces barrières ou barrages flottants ont comme objectif de collecter autant de débris que possible dans une zone donnée.

Un système en temps réel pour suivre la pollution plastique

Grâce au machine learning, en utilisant des images provenant de caméras, il est possible d'analyser la quantité et les caractéristiques des plastiques dans les rivières en temps réel. Des études sont également en cours pour repérer le plastique à partir d'images satellites au milieu de l'océan.

Il est ensuite possible de planifier des interventions de dépollution dans les zones identifiées.

Et les microplastiques? Comment nettoyer la mer des plastiques invisibles?

99% des plastiques qui arrivent dans les océans disparaissent. Selon les dernières recherches, il existe de plus en plus de preuves que les plastiques intègrent la chaîne alimentaire, se décomposent en petits morceaux qui sont biodégradés et sédimentés. Ils imprègnent ensuite l'ensemble du milieu marin, sans pouvoir être détectés. Pour ce type de présence de plastique, la recherche envisage aujourd’hui d’utiliser des technique avancées, notamment les technologies de modelage multi-agents qui font appel à des systèmes informatiques qui permettraient de localiser les hautes concentrations de plastique.

Une solution spatiale pour sauver des fonds marins les équipements de pêche

Selon l'Organisation Maritime Internationale, dans les eaux Européennes, plus d'un tiers des sources de pollution plastique provient d’équipements de pêche. Chaque année, 640.000 tonnes de filets, lignes, gilets de sauvetage et autres cordes sont perdues ou abandonnées dans les océans par l'industrie de la pêche. CLS, opérateur de systèmes satellitaires, soutenu par l’IFREMER et le CNES, le Centre national d'études spatiales, vient de lancer une initiative pour combattre cette problématique en Méditerranée avec des filets de pêche connectés par satellites. Le CLS explique la double dimension du projet:” Celle d'éviter que ces engins deviennent des déchets marins jamais récupérés. C’est aussi un gain opérationnel pour les pêcheurs qui vont ainsi faire moins de mer pour les récupérer grâce à leur localisation et ils pourront ainsi mieux gérer leur espace de pêche.

Cela leur évitera de perdre du matériel cher”

Une amende de 135€ pourrait éviter que nos déchets finissent dans la mer

Tout déchet jeté par terre finit souvent sa route dans l’océan.  Actuellement, déposer, abandonner, jeter ou déverser, en lieu public ou privé des déchets est  puni d’une amende de 68 euros. Selon un projet de décret, l’amende va augmenter à 135 euros car, comme l’a récemment déclaré la secrétaire d’Etat Brune Poirson,

« Si on veut des mers et des océans propres, ça commence par des trottoirs propres ».

Auteur(s): FranceSoir

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Grâce au machine learning, en utilisant des images provenant de caméras, il est possible d'analyser la quantité et les caractéristiques des plastiques dans les rivières en temps réel

Newsletter


Fil d'actualités Société




Commentaires

-