Affaire Théo: la thèse du viol remise en cause?

  •  Vous appréciez FranceSoir, soutenez son indépendance !  

Affaire Théo: la thèse du viol remise en cause?

Publié le 23/05/2018 à 15:36 - Mise à jour à 15:52
© GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP/Archives
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr
-A +A

Plus d'un an après les faits, l'affaire Théo est toujours en cours d'instruction avec comme premier débat la qualification des faits en viol ou violences. La première thèse pourrait être remise en cause suite à la confrontation de février entre la victime et les policiers qu'a pu consulter "Le Parisien".

Une confrontation entre le jeune Théo et les policiers qui ont participé à son interpellation musclée a eu lieu fin février. Les deux fonctionnaires sont mis en examen, l'un pour violences volontaires et l'autre pour viol.

Mais cette dernière qualification juridique qui a tant fait débat depuis les faits survenus début 2017 pourrait ne pas être retenue. Lors de cette confrontation dont Le Parisien a pu se procurer le compte-rendu, la juge d'instruction s'est penchée en effet davantage sur la notion de violences et a également mis le jeune homme face à certaines contradictions.

La magistrate aurait notamment demandé à Théo d'être plus rigoureux dans son suivi médical afin de pouvoir "évaluer une éventuelle infirmité permanente", critère qui pourrait conduire les policiers devant les assises.

Elle a également évoqué une expertise établissant que la matraque n'a pas pénétré l'anus mais "la partie périanale" provoquant un "éclatement" mais sans pénétration. Cela met en doute sans l'exclure totalement la thèse selon laquelle le policier l'aurait volontairement sodomisé avec son arme. Il assure avoir visé le haut de la cuisse pour faire tomber ce jeune garçon athlétique que lui et ses collègues n'arrivaient pas à maîtriser. L'expertise relève également que le policier a asséné 10 coups en 45 secondes, y compris quand Théo était au sol.

Lire aussi: Affaire Théo - le viol au cœur du débat judiciaire

La juge a également rappelé à la victime ses premières déclarations selon lesquelles l'un des policiers aurait "écarté son caleçon" avant de le frapper. Des propos contredits par la perforation de son sous-vêtement et la vidéo de l'altercation. "Je n’étais pas en état de faire cette audition, j’étais sous morphine", s'est-il justifié. Il maintient cependant que le policier lui a "mis la matraque dans les fesses".

Le viol se définit par "tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise". La jurisprudence y intègre l'usage d'un objet mais retient la nécessité d'une "intention sexuelle".

Elle devrait donc être abandonnée si la justice établit que le policier n'avait pas l'intention d'enfoncer sa matraque dans l'anus du jeune homme ou que ce geste ne revêtait pas d'intention sexuelle.

Si seules les violences volontaires étaient retenues, les policiers risqueraient alors entre 10 et 15 ans de prison selon que "l'infirmité permanente" serait retenue ou non.

Le viol "commis avec usage ou menace d'une arme", " par une personne qui abuse de l'autorité que lui confèrent ses fonctions" ou ayant "entraîné une mutilation ou une infirmité permanente" est puni de 20 ans de réclusion criminelle.

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




L'un des policiers mise en cause dans l'affaire Théo est accusé de viol, l'autre de violences volontaires.

Newsletter


Fil d'actualités Société




Commentaires

-