Affaire Vincent Lambert: la lutte continue de son neveu François pour l'arrêt des soins

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Affaire Vincent Lambert: la lutte continue de son neveu François pour l'arrêt des soins

Publié le 10/02/2017 à 12:26 - Mise à jour à 12:34
©John Schults/Reuters
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Le Conseil d'Etat examine actuellement une énième procédure concernant l'arrêt des soins de Vincent Lambert. Une décision pour laquelle son neveu Vincent se bat, notamment contre les parents de son oncle, dans un état végétatif suite à un accident de la route.

"J'ai quelque chose à défendre": François Lambert, le neveu de Vincent Lambert, hospitalisé dans un état végétatif au CHU de Reims depuis 2008, vit au rythme des déchirements familiaux sur le sort de son oncle, un engagement total qu'il mène sur le front médiatique et judiciaire.

"Je regarde mes mails pour voir s'il n'y a pas de nouvelles sur Vincent", glisse François Lambert avant d'entamer l'interview, exercice qu'il a appris à maîtriser, étant devenu, par choix, une des personnalités-clés dans ce qu'il appelle sobrement "l'affaire".

A 36 ans, il a fait de la dignité de son oncle "un combat personnel" qu'il mène avec le soutien de cinq frères et sœurs du patient, sans pour autant faire front commun avec Rachel Lambert, épouse et tutrice de Vincent.

Ses adversaires sont multiples: les parents de Vincent, Pierre et Viviane Lambert, favorables à son maintien en vie, le Centre hospitalier de Reims qui, selon lui, prend des décisions "arbitraires", mais aussi "les pro-vies" et les "officines" du catholicisme intégriste.

"Vincent m'avait dit +Ma hantise, c'est de finir comme un légume+. Il avait ce côté absolu, indépendant, la force de quelqu'un qui reste debout jusqu'à ce qu'il tombe", confie-t-il, évoquant ce proche qu'il voyait peu mais avec lequel il partageait "le même côté sombre".

Fils unique élevé par sa mère, né à Châteauroux, François Lambert place un principe fondamental au cœur de cette histoire "horrible": "Si j'autorisais ce qui se passe sur Vincent, je l'autoriserais sur moi."

Dans une famille qui, selon lui, tente de passer pour "une famille modèle", la situation de Vincent a pris un tournant médiatique en mai 2013, lorsque ses parents ont obtenu la suspension de la procédure d'arrêt des traitements lancée par le docteur Eric Kariger.

Avec ses moyens - il est au RSA - il a alors contacté "tous les médias" qu'il informe inlassablement, soucieux de présenter "une histoire qui tient debout, pas de la pure propagande"."Paradoxalement, le fait d'en faire plus m'aide à avoir davantage de distance", affirme-t-il malgré le sentiment, parfois, de passer dans "l'essoreuse médiatique".

Aux yeux de Jean Paillot, avocat des parents du patient, c'est une personnalité "tourmentée" pour qui "Vincent jouait le rôle de grand-frère". "Mais son affection réelle pour lui se traduit par une posture idéologique en faveur de l'euthanasie", regrette-t-il.

Hormis l'affaire, François Lambert, discret sur un parcours antérieur fait de petits jobs dans le cinéma, estime ne pas avoir "une vie passionnante" à Paris. "Je suis un ours", lâche celui qui s'est réorienté en droit - il est inscrit en première année de master -, un choix qui ne doit rien au hasard.

Depuis que la Cour européenne des droits de l'Homme a rendu un avis favorable à l'arrêt des soins le 5 juin 2015, "le CHU se défausse sous couvert de conflit familial", martèle François Lambert.

Un deuxième processus d'arrêts des traitements avait en effet été lancé puis stoppé en juillet 2015 par le docteur Daniela Simon, jugeant que "les conditions de sérénité nécessaires" n'étaient pas réunies. Il y voit "une stratégie" qui le consterne: "Les décisions de justice ne veulent rien dire dans ce pays? C'est surréaliste!"

Jusqu'où aller? Dans un courrier début 2017 il avait interpellé François Hollande, lui écrivant que "rien ne bougera au CHU sans qu'une décision politique courageuse ne soit prise."

Il attend désormais l'audience devant le Conseil d'Etat à la suite de sa saisie, en octobre 2016, d'un juge administratif pour enjoindre, sous peine d'astreinte, au CHU de Reims de reprendre une procédure collégiale sur un éventuel arrêt des soins.

"François est très déterminé, il n'a pas peur d'affronter les montagnes", souligne Gérard Chemla, l'un de ses avocats, soulignant qu'il est "le seul qui n'ait jamais baissé les bras". Alors que la bataille juridique autour de Vincent Lambert se durcit, François tient le cap, conscient qu'"à partir de maintenant, tout sera un conflit, tout."

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP


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"Vincent m'avait dit +Ma hantise, c'est de finir comme un légume+", rapporte François Lambert.

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