Arrêté "anti-burkini" validé: une décision politique des magistrats, dénonce la LDH qui annonce un recours ce mardi

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Arrêté "anti-burkini" validé: une décision politique des magistrats, dénonce la LDH qui annonce un recours ce mardi

Publié le 23/08/2016 à 11:53 - Mise à jour à 11:57
©AP/Sipa
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Auteur(s): Pierre Plottu

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Michel Tubiana réagit pour "FranceSoir" à la décision du tribunal administratif de Nice de valider l'arrêté "anti-burkini" du maire de Villeneuve-Loubet. Une "décision politique des magistrats", selon le président d'honneur de la Ligue des droits de l'Homme.

Le tribunal administratif de Nice a validé lundi 22 l'interdiction des tenues de bain musulmanes surnommées "burkini", imposée par arrêté au début du mois sur les plages de la commune de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes) à l'instar de nombreuses autres communes de la Côte d'Azur.

Dans une ordonnance en référé, les juges ont rejeté les recours contre l'arrêté intentés par la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) et estimé que l'interdiction était "nécessaire, adaptée et proportionnée" pour éviter des troubles à l'ordre public après la succession d'attentats islamistes subis en France, dont celui de Nice le 14 juillet.

Une décision contre laquelle s'insurge Michel Tubiana, président d'honneur de la LDH, qui annonce à FranceSoir qu'un recours devant le Conseil d'Etat va être déposé ce mardi par l'association. "J'en attends un retour au bon sens et que le Conseil d'Etat ne confirme pas les opinions politiques des trois magistrats" qui ont rendu leur décision lundi, dénonce ainsi l'avocat.

Pour autant, il réfute tout soutien au "burkini" et assure même critiquer "le signifiant de ce vêtement". Mais, "la question n'est pas là: les maires stigmatisent en liant ce vêtement au terrorisme, aux attentats", selon lui. "Il n'existe pas de laïcité des plages! La laïcité s'applique aux fonctionnaires, pas aux citoyens", rappelle également Michel Tubiana qui s'interroge: "aujourd'hui le burkini, demain quoi?".

"La solution est de convaincre, d'affirmer que la liberté prime", poursuit-il. Puis de conclure: "on ne fait pas évoluer les gens à coups d'interdits, mais on risque au contraire de les radicaliser et de faire se solidariser des gens qui ne l'auraient pas fait sinon. C'est donc contreproductif".

 

Auteur(s): Pierre Plottu


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"On ne fait pas évoluer les gens à coups d'interdits", déplore Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue des droits de l'Homme.

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