Attentat manqué aux bonbonnes de gaz: ce que l'on sait du commando de trois femmes

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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
Publié le 09 septembre 2016 - 16:24
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Des policiers sur le parvis de Notre-Dame de Paris.
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©Stéphane de Sakutin/AFP
La voiture remplie de bonbonnes de gaz aurait du servir à un attentat qui aurait échoué pour des raisons encore inconnues.
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Trois femmes âgées de 19, 29 et 39 ans ont été interpellées, non sans heurts, jeudi dans l'affaire des bonbonnes de gaz retrouvées dans une voiture à Paris. Tout porte à croire que ce "commando" préparait un attentat, probablement contre un gare parisienne. Selon Bernard Cazeneuve, ils s'agit de trois femmes "radicalisées". Au moins l'une d'elle aurait fait allégeance à l'Etat islamique.

Un commando de femmes "radicalisées" et prêtes à frapper: voici ce que l'on sait ce vendredi 9 sur le profil et les projets des trois jeunes femmes arrêtées dans l'enquête sur la découverte d'une voiture chargée de bonbonnes de gaz en plein cœur de Paris.

Agées de 39, 23 et 19 ans, les trois jeunes femmes, arrêtées jeudi soir à Boussy-Saint-Antoine (Essonne), sont décrites comme "radicalisées et fanatisées" par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

La plus jeune, Inès Madani, blessée par balle par un policier lors de son interpellation, est la fille du propriétaire de la voiture, découverte à Paris feux de détresse allumés, chargée de cinq bonbonnes de gaz et de trois bouteilles de gasoil. Son père, connu pour des faits anciens de prosélytisme islamiste, relâché mardi à l'issue de sa garde à vue, avait évoqué devant les enquêteurs la radicalisation de sa fille. Elle était connue des services de renseignement après avoir été empêchée de partir en Syrie.

A ce stade, on ne connaît pas les liens qui unissent Inès Madani aux deux autres femmes, ni le profil de ces dernières. Une perquisition a été menée dans la foulée de l'arrestation au domicile de celle âgée de 39 ans à Boussy-Saint-Antoine.

Les trois femmes "préparaient vraisemblablement de nouvelles actions violentes, et de surcroît imminentes", a affirmé jeudi soir le ministre de l'Intérieur. Preuve de leur détermination, au moment de leur interpellation, l'une d'elles a poignardé un policier à l'épaule.

Depuis la découverte de la voiture à Paris, les enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et de la section antiterroriste de la police judiciaire de Paris étaient engagés "dans une véritable course contre la montre", a affirmé Bernard Cazeneuve, un travail qui "a permis aujourd'hui encore d'éviter à notre pays de connaître de nouveaux drames".

Les enquêteurs ont acquis la conviction que la voiture découverte à Paris devait servir à un attentat dans Paris. Selon une source policière, le projet a échoué pour une raison qui reste encore indéterminée. Les trois jeunes femmes se sont-elles disputées comme l'indique un témoignage? Ont-elles échoué à faire exploser les bonbonnes? Les investigations se poursuivent.

Jeudi 8, "c'était alerte maximale. Partout!", a souligné une source proche de l'enquête. Un message d'alerte sur un risque d'attentat dans les gares parisiennes et en Essonne avait été envoyé dans la journée aux policiers, a souligné une source policière.

Au lendemain de l'interpellation, les policiers cherchent désormais à identifier si elles ont pu bénéficier de soutiens ou de complicités. Le mode opératoire, utilisé pour faire exploser la voiture, semble démontrer toutefois leur inexpérience et leur amateurisme.

Jeudi soir aux Mureaux (Yvelines), le compagnon de l'une des suspectes a été arrêté. Il est connu des services de renseignement pour islamisme radical et est le frère d'un homme incarcéré pour ses liens avec Larossi Abballa, le tueur d'un policier et de sa compagne dans les Yvelines en juin dernier.

Deux frères et leurs compagnes, arrêtés mardi et mercredi, étaient toujours en garde à vue ce vendredi.

Au moins l'une des trois femmes, Inès Madani, a prêté allégeance au groupe djihadiste Etat islamique (EI). Les policiers ont retrouvé sur elle une lettre en ce sens, a affirmé RTL, qui précise qu'elle voulait venger la mort du porte-parole et numéro deux de l'EI, Abou Mohammed al-Adnani, "le ministre des attentats" de Daech, tué fin août lors de frappes en Syrie.

Les projets d'attentat des trois jeunes femmes ont-ils été inspirés par la propagande de l'EI ou commandités depuis la Syrie? Impossible pour l'heure de le savoir mais un contact entre l'une des interpellées et une personne pouvant se trouver en Syrie est en cours d'investigation.

La semaine dernière, un djihadiste français de l'EI en Syrie, un propagandiste qui a été en lien avec l'un des auteurs de l'assassinat d'un prêtre à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) en juillet, avait multiplié les appels à frapper la France sur la messagerie privée Telegram.

 

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