Attentats du 13 novembre: Abdeslam parle et dédouane Ali Oulkadi

Attentats du 13 novembre: Abdeslam parle et dédouane Ali Oulkadi

Publié le 19/06/2018 à 10:34 - Mise à jour à 10:44
© Benoit PEYRUCQ / AFP/Archives
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): La rédaction de France-Soir
-A +A

Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos djihadistes ayant semé la mort à Paris et Saint-Denis le 13 novembre, est brièvement sorti de son silence face au juge d'instruction en charge du dossier des attentats de Paris.

Une très brève confession pour dédouaner un de ses proches. Salah Abdeslam, dernier membre encore en vie des commandos terroriste du 13 novembre, est enfin sorti du mutisme dans lequel il est plongé depuis son arrestation en Belgique en mars 2016.

Dans le bureau du juge d'instruction en charge du tentaculaire dossier des attentats à Paris et Saint-Denis, le djihadiste belge a desserré ses mâchoires le 9 mars dernier au cours d'une confrontation avec Ali Oulkadi. Ce dernier n'est autre que l'un des chauffeurs qui l'a convoyé jusqu'à sa planque de Schaerbeek dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015. C’est dans cet appartement conspiratif que les ceintures explosives du commando ont été confectionnées.

Mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste, Ali Oulkadi clame son innocence depuis son arrestation et affirme ne pas avoir été au courant de l'implication d'Abdeslam dans les attentats. Des soupçons planent toutefois sur lui depuis la découverte de son ADN sur une fourchette dans la fameuse planque.  

Voir également - Attentats du 13 novembre: le terroriste présumé Yassine Atar remis à la France

"Qu'il (Abdelsam) veuille garder le silence, c'est son droit, mais il pourrait me dédouaner par rapport aux questions que vous lui posez et ça ne changerait rien pour lui", a expliqué le chauffeur, selon L'Express qui révèle l'information, lors de la confrontation. Réponse laconique de Salah Abdelsam: "J’ai quelque chose à dire. Je comprends sa situation. Je compatis. Mais je n’ai pas de pouvoir, je ne peux rien pour lui. Comme je ne peux rien pour moi-même. Je n’ai rien d’autre à dire".

Ali Oulkadi a poursuivi en suppliant le terroriste de le dédouaner, lui détaillant la détresse et les souffrances d'un homme incarcéré depuis 28 mois à l'isolement. "Je confirme qu’il n’est jamais rentré dans cet appartement", a finalement déclaré Salah Abdeslam. Et d'ajouter: "Je n’ai jamais sollicité l’aide de cette personne, je ne lui ai jamais téléphoné ou quoi que ce soit".

Lire aussi - Attentats du 13 novembre: un complice d'Abdeslam remis en liberté

"Ce que je tiens à dire, c’est que le 14 (...), mes photos ne circulaient pas partout, dans les médias. Il ne pouvait pas savoir que j’étais l’ennemi public numéro 1 à ce moment-là. Il ne pouvait pas savoir si j’étais impliqué ou soupçonné de quoi que ce soit à ce moment-là. C’est tout. (...) C’est quelqu’un de bien et quelqu’un de normal, qui a une famille. Et voilà c’est tout", a précisé le terroriste avant de se taire pour le reste de la confrontation.

Incarcéré à la prison de Maubeuge, dans le Nord, Ali Oulkadi a été relâché et est retourné vivre en Belgique où il vit avec femme et enfants. Il reste toutefois contraint à un contrôle très strict ayant notamment interdiction de quitter la Belgique, obligation de pointer au commissariat et de reprendre une activité, interdiction de posséder une arme ou d'avoir des contacts avec les milieux islamistes.

Auteur(s): La rédaction de France-Soir

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Salah Abdeslam est enfin sorti de son silence.

Newsletter


Fil d'actualités Société




Commentaires

-