"Chemise arrachée" à Air France: le délégué CGT vient de recevoir sa lettre de licenciement

"Chemise arrachée" à Air France: le délégué CGT vient de recevoir sa lettre de licenciement

Publié le 31/08/2016 à 17:12 - Mise à jour à 17:13
©KenzoTribouillard/AFP
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
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Accusé d'avoir pris part à l'épisode de la "chemise arrachée" en octobre 2015, le délégué CGT d'Air France a indiqué avoir reçu ce mercredi sa lettre de licenciement. Face à cette décision, le syndicat CGT appelle l'ensemble des salariés d'Air France à manifester devant le tribunal de Bobigny les 27 et 28 septembre "pour exiger la relaxe" de tous les prévenus.

Le délégué CGT d'Air France accusé d'avoir pris part à l'épisode de la "chemise arrachée", en octobre 2015, a indiqué à l'AFP avoir reçu ce mercredi 31 sa lettre de licenciement, à la veille du 10e anniversaire de son entrée dans la compagnie. Vincent Martinez, délégué du personnel (CGT) à la maintenance, a vu son recours gracieux rejeté par la direction d'Air France, trois semaines après la décision de la ministre du Travail, Myriam El Khomri, de valider son licenciement, contre l'avis de l'Inspection du travail.

Le magasinier de 28 ans, entré dans la compagnie le 1er septembre 2006, fait partie des cinq salariés convoqués les 27 et 28 septembre devant le tribunal de Bobigny, pour des faits de "violences volontaires en réunion". Il est accusé d'avoir bousculé un vigile à l'occasion d'une manifestation le 5 octobre 2015 au siège d'Air France à Roissy contre des suppressions d'emplois. Ce jour-là, "je n'étais pas dans un esprit de violence, au contraire plutôt d'apaisement", a déclaré à l'AFP M. Martinez, soulignant faire l'objet d'une plainte du vigile et non des cadres d'Air France qu'il dit avoir "protégés".

"Ni le ministère du Travail, ni la direction d'Air France n'en ont tenu compte", regrette-t-il, dénonçant une décision politique visant son organisation syndicale, à la tête de la contestation contre la loi Travail de Myriam El Khomri. "Dans les locaux du ministère du Travail, Air France jouait à domicile", a-t-il ironisé. Son avocate a d'ores et déjà formé deux recours contre la décision du ministère, auprès du tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val d'Oise): l'un au fond, pour excès de pouvoir, et l'autre en référé. Sollicitée, la direction d'Air France n'a pas souhaité faire de commentaire.

Dans un communiqué, le syndicat CGT de la compagnie a dénoncé "un acharnement de la direction" qui a pris une décision "éminemment politique", preuve de sa volonté "d'attaquer violemment le monde du travail et la CGT". Il appelle l'ensemble des salariés d'Air France à manifester devant le tribunal de Bobigny les 27 et 28 septembre "pour exiger la relaxe" de tous les prévenus.

Onze salariés sont également poursuivis pour avoir secoué le portail d'accès au siège d'Air France, ce qui a permis l'envahissement d'un comité central d'entreprise où 2.900 suppressions d'emplois étaient annoncées. Un d'eux fait partie des cinq prévenus pour violence. M. Martinez se dit "serein mais aussi pressé d'y être" pour apporter la preuve qu'il n'avait "pas l'intention de faire mal" au vigile. Bousculé, ce dernier a entraîné dans sa chute le DRH d'alors, Xavier Broseta.

Les images du dirigeant obligé d'escalader un grillage pour fuir une foule hostile, sa chemise arrachée, avaient fait le tour du monde et déclenché de nombreuses réactions politiques.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Le délégué CGT d'Air France est accusé d'avoir pris part à l'épisode de la "chemise arrachée", en octobre 2015.

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