Collision dans l'Allier: 12 tués sur la RCEA, "la route de la mort"

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Collision dans l'Allier: 12 tués sur la RCEA, "la route de la mort"

Publié le 25/03/2016 à 19:48 - Mise à jour à 19:52
©Thierry Zoccolan/AFP
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
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Une collision frontale entre un fourgon faisant office de minibus et un poids lourd a fait 12 morts, dans la nuit de jeudi à ce vendredi sur la tristement renommée RCEA, dans l'Allier. Parmi les victimes, de nationalité portugaise, une enfant de sept ans.

Douze Portugais sont décédés dans la nuit de jeudi 24 à ce vendredi 25 dans une collision entre leur véhicule, un fourgon faisant office de minibus, et un poids lourd sur une route très dangereuse de l'Allier, selon les autorités.

L'accident s'est produit à 23h37 à Montbeugny près de Moulins, sur la route nationale 79, une portion de la fameuse RCEA (Route Centre-Europe Atlantique) qui traverse la France d'est en ouest. Selon la préfecture, le véhicule "a dévié de sa route pour une raison encore indéterminée et percuté en choc frontal un poids lourd venant en sens inverse".

Ses douze passagers, tous Portugais, sont décédés. Une fillette de sept ans et une adolescente figurent parmi les victimes dont la plus âgée avait une soixantaine d'années.

Leur fourgon était parti de Romont, dans le canton de Fribourg (Suisse), et se rendait au Portugal pour les fêtes pascales. "Les victimes sont originaires de Coimbra, et ce même groupe de personnes a fait souche en Suisse dans la région de Fribourg. C'est une groupe de proches, peut-être de parents", a commenté le secrétaire général de la préfecture de l'Allier.

Le conducteur du véhicule, âgé de 19 ans, a survécu. Très choqué, le jeune Portugais a été hospitalisé et subi une légère opération.

Les deux conducteurs italiens du poids lourd ont aussi été hospitalisés mais leurs jours ne sont pas en danger.

Une quatrième personne est blessée: il pourrait s'agir du propriétaire du fourgon, qui roulait dans un autre véhicule. C'est "un membre de la famille du chauffeur", a indiqué Pierre Thepot, directeur de l'hôpital Moulins-Yzeure.

Aucun de ces témoins n'avait pu être entendu en fin d'après-midi. Les tests d'alcoolémie se sont révélés négatifs.

L'enquête, confiée à la gendarmerie, devra notamment vérifier que le fourgon, présenté dans un premier temps comme un minibus, était bien aux normes. Car ce véhicule de type Mercedes Sprinter ressemble davantage à un utilitaire léger qu'à un véhicule de transport de passagers. Sa porte coulissante est vitrée mais le reste de la carrosserie est tôlé, selon des photos de l'épave recueillies par l'AFP.

"C'est certainement un véhicule aménagé", souligne une source judiciaire. Le véhicule avait ainsi des sièges à l’arrière dans sa partie aveugle. "Nous devons faire une expertise technique assez poussée du véhicule pour vérifier que les aménagements qui ont été fait correspondaient au nombre exact de passagers", a noté le colonel Fabrice Taupin, du groupement de gendarmerie de l'Allier. A priori, ce type de véhicule ne peut transporter que 6 passagers, c'est donc "clairement un des axes de l'enquête".

Les dépouilles des victimes ont été transférées à l'hôpital de Moulins, où les premiers proches sont arrivés dès le début de l'après-midi, venant de la région parisienne. D'autres étaient attendus jusque tard dans la nuit, "car les délais de route entre le Portugal et la région de Moulins sont d'environ quinze heures", selon la préfecture.

La secrétaire d'Etat chargée de l'aide aux victimes, Juliette Méadel, a annoncé que les familles trouveraient sur place un référent unique et des interprètes.

Si l'enquête devra déterminer les causes exactes du drame, la route où il a eu lieu est connue pour sa dangerosité. "Elle est assez monotone, la vitesse est limitée à 90 km/h. Il y a ceux qui s'impatientent et ceux qui s'endorment", a relevé la source judiciaire. C'est "la route la plus meurtrière de France. Quand on fait le cumul, c'est 15 morts en une année, on ne sait pas ce qu'il faut" pour améliorer la sécurité, a lancé un élu de Montbeugny à une journaliste de l'AFP.

"On évite de la prendre la nuit (…) Il y a beaucoup de poids lourds, beaucoup de lignes continues. Dès qu'on peut doubler, tout le monde le fait et ça devient très dangereux", expliquait sur les lieux Roberto, un Portugais de Moulins venu apporter des fleurs avec sa sœur.

En février, la collision entre un autocar scolaire et un poids lourd en Charente-Maritime avait tué six adolescents, au lendemain de la sortie de route d'un car qui avait fait deux morts dans le Doubs. En octobre, 43 personnes avaient trouvé la mort dans un accident de car en Gironde.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Les victimes font partie d'un "groupe de proches, peut-être de parents", selon le secrétaire général de la préfecture de l'Allier.

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