Des surveillants pénitentiaires critiquent les conditions de détention d'un détenu "fiché S" craignant "l'embrigadement" des autres

Des surveillants pénitentiaires critiquent les conditions de détention d'un détenu "fiché S" craignant "l'embrigadement" des autres

Publié le 10/08/2016 à 13:29 - Mise à jour à 13:30
©Rennett Stowe/Flickr
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
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Les surveillants de la prison de Bourg-en-Bresse craigne Karim Benkhaled, soupçonné de vouloir préparer un attentat à Lyon, embrigade ses codétenus. Il bénéficie pourtant d'un régime de détention classique.

Des surveillants de la prison de Bourg-en-Bresse (Ain) dénoncent mercredi le régime de détention classique d'un prévenu radicalisé, fiché S, soupçonné d'avoir projeté un attentat à Lyon, et réclament sa mise à l'isolement pour éviter "l'embrigadement" d'autres détenus.

Karim Bekhaled, 25 ans, incarcéré jusqu'à présent à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne) dans l'attente de son procès, a obtenu la semaine dernière son transfèrement en Rhône-Alpes pour rapprochement familial.

"Il a été placé mardi en cellule individuelle mais en régime de détention classique. Il est donc parmi les autres détenus pour toutes les activités, le sport, la promenade... Avec tous les risques d'embrigadement que cela comporte", dit à l'AFP Romain Bernier, secrétaire adjoint du syndicat Ufap-Unsa à Bourg-en-Bresse, confirmant une information du quotidien régional Le Progrès.

"On estime que de par son profil dangereux, il ne devrait pas être au contact des autres détenus. Il va avoir un rayonnement néfaste sur les autres. On sait comment ça se passe", poursuit-il en plaidant pour "de nouvelles structures adaptées à ces individus radicalisés". La prison de Bourg-en-Bresse comporte à ce jour un quartier d'isolement de 12 places.

"C'est une situation qu'on ne peut pas gérer du point de vue de la sécurité, d'autant qu'il nous manque une soixantaine d'agents", ajoute le représentant du syndicat majoritaire dans ce centre pénitentiaire qui compte quelque 700 détenus dont plusieurs signalés comme radicalisés ou en voie de radicalisation.

Les détenus avec ce profil "ont un suivi individualisé et sont particulièrement surveillés. Ils sont accompagnés par un conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation", a précisé l'administration pénitentiaire.

Karim Bekhaled avait été interpellé à Vaux-en-Velin, près de Lyon, le 16 septembre 2014, suspecté d'avoir préparé un attentat dans la métropole lyonnaise avec son frère Reda, ancien membre du groupe Forsane Alizza ("Les Cavaliers de la fierté", dissous en 2012), arrêté lui deux jours plus tard.

Trois autres frères Bekhaled - Mohamed, Farid et Rafik - avaient rejoint la Syrie au second semestre 2013, selon la justice, afin de combattre dans les rangs jihadistes. Interpol a diffusé trois mandats d'arrêt internationaux à leur encontre, à la demande de la France, pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme".

Un autre membre de la fratrie était mort en juin 2014 dans un attentat suicide en Syrie.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Le détenu a été transféré à Bourg-en-Bresse pour être rapproché de sa famille.

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