Double meurtre de Montigny-lès-Metz: Henri Leclaire mis hors de cause

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Double meurtre de Montigny-lès-Metz: Henri Leclaire mis hors de cause

Publié le 07/07/2016 à 11:47
©Fred Marvaux/AFP
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Henri Leclaire n'est finalement pas renvoyé devant les assises dans l'affaire du meurtre de deux petits garçons à Montigny-lès-Metz (Moselle) et le tueur en série Francis Heaulme se retrouvera donc seul dans le box des accusés, a annoncé ce jeudi son avocat.

Saisie en appel, la chambre de l'instruction a renoncé à renvoyer devant les assises l'ex-manutentionnaire de 67 ans, dont le nom n'a cessé de refaire surface dans le dossier du meurtre de deux garçons de 8 ans en 1986 dans cette commune de la banlieue de Metz. "La mise hors de cause d'Henri Leclaire est totale", c'est pour lui "la fin d'un long calvaire", s'est réjoui son avocat, Me Thomas Hellenbrand.

Ce dernier avait interjeté appel d'une première décision, le 20 avril, des juges d'instruction qui, contre l'avis du parquet, avaient décidé de renvoyer Henri Leclaire aux côtés de Francis Heaulme devant les assises de Moselle. Montage en date du 21 septembre 2004 de photos non datées d'Alexandre Beckrich et Cyril Beining

Henri Leclaire avait été le premier à avouer en 1986 le meurtre d'Alexandre Beckrich et Cyril Beining, 8 ans, morts le crâne enfoncé à coups de pierre sur un talus SNCF sur lequel ils jouaient à Montigny-lès-Metz. Mais il s'était rapidement rétracté. Les enquêteurs l'avaient blanchi, relevant des inexactitudes dans ses déclarations. Une reconstitution avait aussi penché en sa faveur, les policiers estimant que sa corpulence l'empêchait de monter le talus.

Quelques mois plus tard, un adolescent de 16 ans, Patrick Dils, était arrêté, puis condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Premier mineur à écoper d'une telle peine, il fut, en 2001, l'un des rares détenus français à bénéficier d'une procédure de révision, qui aboutit à son acquittement.

La présence du tueur en série Francis Heaulme à proximité du lieu du crime le jour du meurtre, le 28 septembre 1986, avait été un élément clef de cet acquittement. Henri Leclaire et son avocat Thomas Hellenbrand à leur arrivée au palais de justice le 1er avril 2014 à Metz

Mais lorsqu'il a été entendu sur l'affaire, le "routard du crime" - qui n'a jamais avoué celui-là - a mis en cause Henri Leclaire: il l'aurait vu, ensanglanté, à proximité des lieux du crime ce même 28 septembre 1986. Ces accusations n'ont pas suffi pour incriminer M. Leclaire qui a bénéficié d'un non-lieu. Et Francis Heaulme a finalement comparu seul, le 31 mars 2014, devant les assises de la Moselle. Mais le procès a été ajourné dès le deuxième jour d'audience, après des témoignages de dernière minute incriminant à nouveau Henri Leclaire.

Il y avait celui d'une femme devant laquelle il aurait évoqué l'affaire de Montigny après lui avoir livré ses courses, expliquant avoir "attrapé" les enfants, mais pas les avoir tués. Et le récit d'un cheminot, qui s'est souvenu avoir vu un homme "ressemblant à 90%" à M. Leclaire, les vêtements ensanglantés, le jour du double meurtre.

Déjà condamné sept fois pour neuf meurtres, dont deux fois à la perpétuité, Francis Heaulme avait à l'audience réitéré ses accusations contre Henri Leclaire, soutenant l'avoir aperçu en train de descendre le talus en courant, les vêtements en sang.

Les deux hommes auraient-ils pu commettre le crime ensemble? La chambre de l'instruction a estimé jeudi qu'il ne s'agissait que d'une hypothèse "journalistique" et qu'elle n'avait pas à "se prononcer sur une fiction", ont rapporté les avocats à l'issue de l'audience.

Les témoignages qui avaient conduit à la suspension du procès et à une nouvelle mise en examen d'Henri Leclaire ne sont que "des témoignages grand-guignolesques de gens peu sérieux qui sont venus pendant deux ans brouiller les cartes, faire souffrir les parents des victimes", a commenté jeudi Me Hellenbrand.

La décision de ne pas renvoyer Henri Leclaire devant les assises est une bonne nouvelle "pour lui, parce qu'un procès aurait été une épreuve physique. Mais ce qui est dommage c'est que cela a fait perdre un an et demi aux familles", a ajouté l'avocat.

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP


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