Lille: enceinte de quatre mois, une femme avortée par erreur réclame justice

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Lille: enceinte de quatre mois, une femme avortée par erreur réclame justice

Publié le 26/04/2017 à 16:51 - Mise à jour à 16:55
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr
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Après un long combat pour tomber enceinte, une jeune femme a été avortée par erreur à Lille en 2011. Elle était ce mercredi à nouveau face à la justice avec son époux pour obtenir gain de cause.

Toujours sous le choc six ans après, elle cherche encore à avoir des réponses, et surtout une indemnisation à hauteur du préjudice subi. En mai 2011, Zahra, alors enceinte de quatre mois, qui vit visiblement une grossesse difficile, se rend à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Lille pour un cerclage du col de l'utérus (processus censé tonifier le col pour qu'il reste fermé jusqu'à l'accouchement). Selon le récit qu'elle a fait à L'Express, et les faits constatés par la justice, elle est ainsi installée dans une chambre avec une autre femme… qui voulait avorter.

Quelques minutes après, une sage-femme stagiaire est venue la prendre en charge et lui a administré un traitement abortif, qui était destiné à l'autre patiente. "La sage-femme ne m'a pas demandé mon nom, ni pourquoi j'étais là. Elle est simplement entrée dans la pièce, m'a dit de mettre le comprimé dans mon vagin et est repartie" a expliqué Zahra.

Prise de douleurs violentes au ventre, dues aux contractions, elle se plaint au personnel médical qui lui signifie que tout est normal. Sauf que plus tard, elle est finalement emmenée au bloc pour l'opération de cerclage, mais ne porte déjà plus son enfant. "Le temps que je comprenne ce qu'il m'arrivait, ils m'avaient remis le masque sur le nez. Lorsque je me suis réveillée dans ma chambre, le curetage avait déjà été fait" a aussi raconte la victime à L'Express.

Après avoir porté plainte, et après maintes péripéties judiciaires, ce mercredi 26, Zahra et son époux ont à nouveau fait face à ce drame, en justice, devant la sixième chambre correctionnelle de Lille. "Je n'en veux pas à la sage-femme, mais je veux comprendre pourquoi l'hôpital était ainsi organisé. On ne peut pas mettre une femme qui veut avorter à côté d'une femme qui souhaite garder son enfant à tout prix" a déclaré la jeune femme qui essayait, à l'époque, d'avoir un enfant depuis cinq ans.

Lors du premier procès, le couple avait obtenu une indemnisation de près de 54.000 euros mais le groupement des hôpitaux catholiques de Lille avait fait appel et la cour d'appel de Douai avait réduit de moitié cette somme, ce alors même que l'hôpital avait reconnu son erreur.

Ce mercredi, c'était le volet pénal de l'affaire qui était jugé. Volet dans lequel l'infirmière et la sage-femme stagiaire sont poursuivies "pour blessures involontaires ayant entraîné une incapacité temporaire de travail (ITT) supérieure à trois mois".

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr

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Zahra avait été mise dans la même chambre qu'une autre jeune femme venue pour avorter.

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