Emeutes de Moirans: des peines allant jusqu'à deux ans de prison ferme

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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
Publié le 28 septembre 2016 - 19:56
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Des voitures brûlées en Isère.
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Le tribunal correctionnel de Grenoble a condamné ce mercredi onze prévenus à des peines allant jusqu'à 2 ans ferme.
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Le tribunal correctionnel de Grenoble a rendu ce mercredi son jugement concernant les émeutes de Moirans (Isère). Un prévenu a été relaxé au bénéfice du doute, tandis que huit ont écopé de prison ferme (de six mois à deux ans) et trois autres condamnés à du sursis.

Décision "satisfaisante", peines "modérées". Le jugement du tribunal correctionnel de Grenoble, qui a condamné ce mercredi 28 onze prévenus à des peines allant jusqu'à 2 ans ferme pour les émeutes de Moirans (Isère), a été plutôt bien accueilli par les parties au procès. Un prévenu a été relaxé au bénéfice du doute, tandis que huit ont écopé de prison ferme (de six mois à deux ans) et trois autres condamnés à du sursis.

Le jugement a été accueilli dans le calme par les sept prévenus présents dans la salle d'audience. Seul plus lourdement condamné, Jonathan Buch, 28 ans et déjà treize condamnations à son casier judiciaire, a exprimé son mécontentement. "Vous avez bien jugé, hein", a-t-il lancé à la présidente sur un ton ironique. Le tribunal est allé au-delà des réquisitions du parquet qui n'avait réclamé de la prison ferme (entre 6 et 14 mois) qu'à l'encontre de trois prévenus, demandant du sursis pour les neuf autres.

Les douze suspects, trois femmes et neuf hommes âgés de 18 à 58 ans, encouraient jusqu'à dix ans d'emprisonnement. Le seul détenu, Djovani Roussalino, 24 ans, a été condamné à 18 mois ferme et maintenu en détention. Les autres condamnés, dont la plupart nient les faits, pourront obtenir des aménagements de peine. Les avocats des parties civiles, qui avaient critiqué le "laxisme" des réquisitions, ont salué ce jugement. "Le tribunal remet les choses à leur juste place au regard des responsabilités de chacun et de la gravité des faits", a commenté Me Denis Dreyfus, avocat de la ville de Moirans, se réjouissant d'une décision "claire, ferme et lisible pour nos concitoyens". "L’État de droit a été rétabli à Moirans par ce jugement", a abondé Me François-Xavier Fayol, avocat de la SNCF.

Le 20 octobre 2015, plusieurs dizaines d'émeutiers avaient incendié des pneus, palettes et voitures sur une route départementale et bloqué la ligne SNCF Lyon-Grenoble avec des voitures brûlées. Ils protestaient contre le refus d'un juge d'autoriser la sortie de prison de Mike Vinterstein, 24 ans, membre de la communauté des gens du voyage, pour assister aux obsèques de son frère de 17 ans. Il avait fallu de longues heures aux forces de l'ordre pour rétablir le calme et aucune interpellation n'avait eu lieu le jour des faits, ce qui avait valu au gouvernement d'être taxé de "laxisme" par l'opposition. Trente-cinq véhicules avaient été incendiés et 257 trains retardés ou annulés, pour un préjudice total évalué à plus de 400.000 euros.

La plupart des demandes de dédommagement des parties civiles ont été acceptées par le tribunal, la SNCF se voyant ainsi accorder plus de 200.000 euros de dommages et intérêts. "On n'est pas totalement certains de voir cet argent", beaucoup de prévenus étant insolvables, a toutefois reconnu Me Fayol. Les avocats des suspects ont eux aussi globalement bien accueilli ce jugement. Les peines prononcées "sont assez justes pour quatre de mes clients", a réagi Me Emmanuel Decombard, qui va toutefois faire appel pour le cinquième. "Les peines prononcées sont modérées même si j'estime qu'elles ne sont pas justifiées", a jugé Me Ronald Gallo. Sa cliente, Adèle Vinterstein, la mère de Mike, qui a écopé d'un an avec sursis n'aura sans doute "pas la force" de faire appel, selon lui.

L'avocat de Jonathan Buch, Me Arnault Monnier, a lui annoncé son intention de faire appel car son client "conteste être cette personne cagoulée" identifiée sur une vidéo de la gendarmerie. Dans une affaire similaire, dix personnes de la communauté des gens du voyage, soupçonnées d'avoir bloqué l'autoroute A1 fin août 2015 près de Roye (Somme), avaient été condamnées à des peines allant jusqu'à 18 mois de prison ferme, et deux avaient été relaxées.

 

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