Fin de la trêve hivernale: les associations s'inquiètent

  •  Vous appréciez FranceSoir, soutenez son indépendance !  

Fin de la trêve hivernale: les associations s'inquiètent

Publié le 31/03/2016 à 08:47 - Mise à jour à 08:59
©Lionel Bonaventure/AFP
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
-A +A

La trêve hivernale prend fin ce jeudi soir, au grand dam des associations. Selon les prévisions du Réseau stop aux expulsions logement (Résal) pour 2015, "on estime en moyenne de 30.000 à 40.000 le nombre de foyers en France susceptibles d'être expulsés dès vendredi matin".

"Il y aura encore du monde sur le carreau": les associations s'inquiètent des conséquences de la fin de la trêve hivernale ce jeudi 31 mars au soir, synonyme de reprise d'expulsions et de fermeture progressive des centres d'hébergement, et demandent un effort pour la dernière année du quinquennat. C'est un fait, les procédures d'expulsion de ménages ont fortement augmenté ces dernières années dans un contexte de crise économique et montée du chômage.

Selon les prévisions du Réseau stop aux expulsions logement (Résal) pour 2015, "on estime en moyenne de 30.000 à 40.000 le nombre de foyers en France susceptibles d'être expulsés dès vendredi matin", sur un total d'environ 190.000 assignés dans le cadre d'une procédure d'expulsion. Souvent, la descente en enfer suit le même scénario: perte ou changement d'emploi, séparation, changement de situation de famille, problèmes de santé et surendettement... puis des impayés, puis un décrochage. "Dès vendredi, ce sont plusieurs dizaines de milliers de personnes qui vont se retrouver à la rue", s'émeut auprès de l'AFP Jean-Baptiste Eyraud, de l'association Droit au logement (DAL), consterné par un "système terriblement injuste". Pour endiguer le phénomène, le DAL propose "une vraie baisse des loyers, un arrêt des expulsions et le financement de nouveaux logements sociaux".

Mercredi 29, un collectif de 34 associations a demandé des mesures plus fortes à la nouvelle ministre du Logement Emmanuelle Cosse, au cours d'un rassemblement place du Palais-Royal à Paris. Ainsi, les annonces ("pérennisation de 2.300 places d'hébergement d'urgence" et "un plan pour mettre fin à la gestion saisonnière") de la ministre du Logement, au cours d'un déplacement mardi 28 à Lyon, n'auront pas suffi. Le "plan de prévention des expulsions" permettra aux acteurs de trouver plus rapidement des solutions dès les premiers impayés, et les aides au logement seront maintenues pour les locataires sous le coup d'une décision d'expulsion, a détaillé la ministre.

"On avance dans le bon sens mais il reste des problèmes", nuance Florent Gueguen, de la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (Fnars). "L'Etat a annoncé pérenniser 2.300 places sur les 10.000 ouvertes: où vont aller les personnes pour lesquelles les structures ferment?", s'inquiète-t-il, soulignant qu'"à Lyon, malgré ces mesures, 700 personnes se retrouveront sur le carreau, à Lille, ils seront 300 à la rue". Pour ce militant, les problèmes sont aussi qualitatifs: "La situation est particulièrement critique pour les familles avec enfants, et les femmes seules" qui "n'ont pas de structures adaptées". "Les hébergements ont été construits sur un modèle d'homme seul, plutôt âgé", donc inadaptés aux familles et femmes, explique Florent Gueguen, qui rappelle qu'"un appel sur deux au 115 n'obtient pas un hébergement d'urgence".

Outre les sans-domicile fixe, des familles expulsées de leur logement se retrouvent prises en charge par l'Etat lorsqu'elles sont prioritaires au titre du droit opposable au logement (Dalo). Ainsi, "chaque année, 40.000 personnes sont hébergées à l'hôtel, ce qui coûte 200 millions d'euros à l'Etat", constate M. Gueguen. "On pourrait subventionner le maintien des personnes dans leur logement plutôt que de financer un système hôtelier quasi mafieux", suggère-t-il.

La Confédération nationale du Logement demande, elle, la mise en place d'une véritable "sécurité sociale du logement", soit une "caisse de solidarité alimentée par les bailleurs, les locataires et l'Etat" pour indemniser les ménages. Le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées (HCLPD) demande par ailleurs que "les procédures d'expulsion de personnes bénéficiaires du Dalo" soient suspendues "tant qu'une possibilité de relogement n'a pas été proposée". "La loi Alur, adoptée en 2012, prévoyait déjà toutes les dispositions annoncées", ironise Christophe Robert, délégué générale de la fondation Abbé Pierre, qui rappelle que cette année encore, "il y a encore du monde sur le carreau". Plusieurs associations, dont le Dal et la Confédération syndicale des familles, appellent à une manifestation samedi 2 avril à Paris "contre le logement cher et les expulsions locatives sans relogement".

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Outre les sans-domicile fixe, des familles expulsées de leur logement se retrouvent prises en charge par l'Etat lorsqu'elles sont prioritaires au titre du droit opposable au logement (Dalo). (Image d'illustration).

Newsletter


Fil d'actualités Société




Commentaires

-