Incendie dans un bar à Rouen: récit d'une nuit d'horreur

Incendie dans un bar à Rouen: récit d'une nuit d'horreur

Publié le 06/08/2016 à 15:15 - Mise à jour à 15:20
©Matthieu Alexandre/AFP
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
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Une soirée d’anniversaire a viré au drame dans la nuit de vendredi à ce samedi à Rouen. Un incendie, causé par les bougies d’un gâteau, a ravagé un bar de la ville, faisant 13 morts et six blessés. Les victimes seraient âgées de 16 à 25 ans.

Une soirée d’anniversaire a tourné au drame dans la nuit de vendredi 5 à ce samedi 6 à Rouen: un incendie, causé par les bougies d'un gâteau, a fait 13 morts, principalement des jeunes, et six blessés dont un grave. C'est l'incendie le plus meurtrier en France depuis 2005. Selon le vice-procureur au parquet de Rouen, Laurent Labadie, les victimes sont âgées de 16 à 25 ans. Elles assistaient à une fête anniversaire dans une salle, au sous-sol du bar, Au Cuba Libre.

Parmi les six blessés, "une personne est en urgence absolue", a déclaré à l'AFP Yvan Cordier, secrétaire général de la préfecture de Seine-Maritime. Il s'agit d'une jeune femme, qui a été transférée à l'hôpital Saint-Louis, à Paris, a indiqué à l'AFP le maire PS de Rouen Yvon Robert. Les cinq autres blessés ont été hospitalisés au CHU de Rouen mais en sont sortis, selon M. Robert. L'incendie s'est déclenché vers minuit dans la salle au sous-sol de l'établissement. "J'étais au bar, au rez-de-chaussée, en train de prendre un verre. On a vu les flammes, c'était comme un lance-flammes, tout a été très vite", a témoigné Stéphanie, 36 ans, devant la presse. Selon les premiers éléments de l'enquête, "quelqu'un est descendu avec un gâteau d'anniversaire avec des bougies, et a chuté dans l'escalier", a déclaré le vice-procureur Laurent Labadie, à l'AFP.

"Il y a eu projection de bougies sur les murs et sur le plafond sur lequel il y avait un isolant phonique", a-t-il poursuivi. "Il y a eu une inflammation immédiate et la propagation de gaz", a-t-il ajouté. Dans la matinée, la police de Rouen avait indiqué que les victimes avaient été intoxiquées après l'embrasement d'une matière du plafond. L'enquête devra confirmer ce scenario et se penchera notamment sur le respect des normes de sécurité. Mais aussi, "en priorité", sur les issues de secours, a indiqué une source proche de l'enquête. Selon la préfecture, les pompiers ont été contactés à 0h20 et "sont arrivés rapidement", a précisé M. Cordier. Une cellule de soutien médico-psychologique a été mise en place. Dans la nuit, un passant, Amar Ould Sais, 40 ans, a "vu les pompiers qui sortaient les corps toutes les 2 minutes. De l'autre côté de l'avenue (Jacques Cartier NDLR), ils avaient aménagé un espace pour les blessés", a-t-il relaté.

La secrétaire d'Etat à la formation professionnelle, Clotilde Valter, s'est rendue sur les lieux en milieu de matinée. Devant le bar orange et rouge dont la vitre a été soufflée dans l'incendie et le store brûlé, elle a exprimé "la tristesse et le soutien du gouvernement à l'égard des familles et des proches des victimes". Elle s'est ensuite rendue à l'hôpital Charles Nicolle de Rouen et s'est dirigée notamment vers la chambre mortuaire, a constaté un journaliste de l'AFP. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, indiqué qu'une "enquête judiciaire" était en cours dans un communiqué. "Incendie grave à Rouen: profonde tristesse face à la tragédie qui a fauché 13 jeunes vies. Compassion et soutien aux familles éprouvées", a tweeté le Premier ministre Manuel Valls. Le maire PS de Rouen Yvon Robert, a déploré "une véritable tragédie".

Un périmètre de sécurité constitué de barrières métalliques était toujours en place en début d'après-midi. Des anonymes y ont déposé des bouquets ou de simples roses. La ville de Rouen a été touchée de près il y a moins de deux semaines par un autre drame, avec l'assassinat du prêtre de Saint-Etienne-du-Rouvray, par deux djihadistes. Les obsèques du père Hamel ont été célébrées mardi à la cathédrale de Rouen.

Il n'y a pas eu d'incendie aussi meurtrier en France depuis 2005. Cette année-là, plusieurs incendies avaient ravagé des immeubles et des hôtels vétustes, causant des bilans tragiques. Le plus grave d'entre eux avait été celui de l'hôtel Paris-Opéra, un hôtel d'hébergement d'urgence, qui avait provoqué, en avril, la mort de 24 personnes, dont 11 enfants. Le 4 septembre 2005, dans un immeuble d'habitation à L'Haÿ-les-Roses (Val de Marne), 18 personnes avaient trouvé la mort. Aucun incendie n'avait fait autant de victimes dans un bar/dancing depuis le 1er novembre 1970: 146 personnes avaient péri dans celui de Saint-Laurent-du Pont (Isère).

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Selon le vice-procureur au parquet de Rouen, Laurent Labadie, les victimes sont âgées de 16 à 25 ans.

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