"Jungle" de Calais: la préfète promet de tout faire "pour éviter le recours à la force publique"

"Jungle" de Calais: la préfète promet de tout faire "pour éviter le recours à la force publique"

Publié le 22/02/2016 à 07:30 - Mise à jour à 07:31
©REX Shutterstock/SIPA
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
-A +A

D'ici mercredi, la moitié de la "jungle" de Calais, camp de fortune où les migrants vivent dans des conditions précaires, sera évacuée. La préfète du Pas-de-Calais a assuré dimanche que l’Etat "fera tout pour éviter le recours à la force publique".

La préfète du Pas-de-Calais a assuré dimanche 21 que l'Etat "fera tout pour éviter le recours à la force publique" dans le démantèlement de la moitié de la "jungle" de Calais, qu'elle a prévu pour mercredi 24 au plus tard.

Le 12 février, elle avait annoncé l'évacuation forcée d'un millier de migrants -jusqu'à 2.000 selon les associations- sur la partie sud s'étalant sur la moitié de la surface du camp où vivent 4.000 migrants dans la précarité. "Elle sera démantelée de la même façon qu'on a dégagé la bande des 100 mètres, c'est-à-dire dans le calme avec l'aide des associations", a assuré dimanche lors d'un point presse au Centre d'accueil de jour Jules Ferry la préfète, Fabienne Buccio.

Les associations se sont insurgées contre ce nouveau démantèlement. Dans une lettre à Bernard Cazeneuve vendredi, elles avaient estimé les possibilités offertes aux migrants "très loin des besoins et problèmes rencontrés", et déposé un recours en référé devant le tribunal administratif, qui devrait se prononcer mardi. "On fera tout pour éviter le recours à la force publique", a martelé la préfète dimanche. "Le démantèlement devrait commercer mercredi et la force publique ne sera pas engagée si chacun joue le jeu", a-t-elle ajouté.

Vendredi matin, Fabienne Buccio avait déjà insisté sur sa volonté de n'utiliser la force qu'en dernier ressort. Mais elle avait durci le ton le soir-même en prenant un arrêté "d'expulsion d'office" devant prendre effet mardi soir au plus tard, évoquant des "exactions" commises par des migrants, des "jets de projectile" contre des véhicules notamment.

"Nous sommes en capacité de proposer une solution humanitaire d'accueil pour tous les migrants actuellement à Calais", a affirmé la préfète. Elle a rappelé les différentes possibilités des migrants évacués: les 102 Centres d'accueil et d'orientation (CAO) disséminés en France et le Centre d'accueil provisoire (CAP) inauguré en janvier près du centre Jules Ferry qui compte 1.500 places en conteneurs chauffés. Selon elle, 2.600 migrants ayant transité par Calais ont déjà accepté de partir vers les CAO. "Sur ces 2.600 personnes, 80% ont demandé l'asile en France", a indiqué Fabienne Buccio. Quant au CAP, 1.200 de ses 1.500 places sont pourvues.

Le président (LR) de la Région, Xavier Bertrand, présent à la conférence de presse avec le maire de Calais, Natacha Bouchart, a estimé que c'est dans le CAP et le centre Jules Ferry "que l'on trouve de la dignité et de l'humanité et non à côté", dans la "jungle".

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




"On fera tout pour éviter le recours à la force publique", a martelé la préfète dimanche 21.

Newsletter


Fil d'actualités Société




Commentaires

-