Justice: mécontents de la baisse de leurs effectifs, des juges de Créteil menacent de libérer "un nombre conséquent de détenus"

Justice: mécontents de la baisse de leurs effectifs, des juges de Créteil menacent de libérer "un nombre conséquent de détenus"

Publié le 27/06/2017 à 17:10 - Mise à jour à 17:19
© PATRICK KOVARIK / AFP/Archives
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr
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Les juges du tribunal de grande instance de Créteil ont émis ce mardi une menace pour le moins radicale: la libération des détenus en détention provisoire, en protestation contre le non-remplacement d'un départ à la prochaine rentrée.

Ils ont trouvé une manière de protester qui, si l'on ne sait si elle sera suivie d'exécution, a au moins le mérite de faire parler d'elle. Les juges d'instruction du tribunal de grande instance de Créteil ont fait part de leur mécontentement en expliquant que si leurs revendications ne sont pas écoutées, ils vont "libérer rapidement un nombre conséquent de détenus provisoires". Cette annonce atypique a été faite par les deux principaux syndicats de la profession ce mardi 27.

Les revendications sont focalisées autour de la question des effectifs. Les juges se plaignent de la réduction d'un poste à partir de la rentrée alors qu'ils estiment être déjà en flux tendus. En effet, les juges d'instruction, qui ne seront plus que 11 à la rentrée, auront, selon leurs estimations, entre 80 et 140 dossiers à traiter et une soixantaine de détenus à suivre.

Refusant une nouvelle tension sur les ressources humaines, les juges ont donc annoncé qu'ils n'hésiteront pas à faire sortir de leurs cellules ceux qui sont en attente de leur jugement. "Ça peut concerner des dossiers de vols, de stupéfiants, mais on ne va pas libérer des criminels, on n'est pas des têtes brûlées" assure Sarah Massoud, juge d'instruction et déléguée locale du Syndicat de la magistrature, qui explique qu'elle pourrait personnellement "en libérer 18" sans délai. Parmi les lieux de détention qui dépendent du TGI de Créteil, la prison de Fresnes compte à elle seule 450 personnes en détention provisoire.

Les juges expliquent qu'ils useront également d'autres modes d'action comme la non-convocation des personnes mises en examen dans des dossiers mineurs ou des demandes de décharge pour ne pas s'occuper de certains dossiers.    

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La mesure pourrait concerner plusieurs centaines de détenus.

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