Manifestation à Marseille: des policiers accusés de "tentative d'homicide"

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La rédaction de France-Soir
Publié le 02 mai 2019
Mis à jour le 02 mai 2019
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Un policier pointe un lanceur de balles de défense, lors de heurts avec des "gilets jaunes", le 20 avril 2019 à Paris
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© Zakaria ABDELKAFI / AFP
Une quinzaine de policiers sont mis en cause pour "tentative d'homicide" ou "non assistance à personne en danger".
© Zakaria ABDELKAFI / AFP

Médiapart a révélé mardi 30 avril la plainte d'une jeune fille de 19 ans qui a été grièvement blessée au crâne le 8 décembre à Marseille durant l'acte 4 des Gilets jaunes. Son avocat assure que des vidéos montrent les policiers la frapper au sol après qu'elle a été touchée par un tir de LBD.

La cicatrice est particulièrement impressionnante. Au regard de la vingtaine d'agrafes parcourant le crâne de la jeune fille de 19 ans, difficile de concevoir que ses blessures sont la conséquence d'un usage "proportionné" de la force. Ce n'est d'ailleurs pas pour un usage excessif de la force mais bien pour "tentative d'homicide" qu'une plainte, révélée par Médiapart, a été déposée contre la police par cette Marseillaise gravement blessée durant l'Acte 4 des Gilets jaunes.

La jeune femme affirme ne même pas avoir participé à la manifestation. Elle reconnaît avoir à un moment donné "bêtement" jeté des pétards qu'elle avait en prévision d'un match de foot. Ce n'est d'ailleurs qu'une quinzaine de minutes plus tard qu'elle aurait été blessée par les forces de l'ordre.

Voir: "Gilets jaunes" - 209 enquêtes sur des soupçons de violences policières

Elle aurait d'abord été touchée à la jambe par un tir de Lanceur de balles de défense (LBD). Elle affirme qu'alors qu'elle se trouvait à terre, plusieurs policiers l'auraient alors violemment matraquée et frappée à coups de pied, avant de se disperser, sans s'inquiéter de l'état de santé de la victime.

Bilan pour la jeune fille: une imposante cicatrice sur la tête, un traumatisme crânien et une hémorragie méningée. Entre les fonctionnaires qui l'auraient frappée et ceux qui ne seraient pas intervenus, ce sont une quinzaine de policiers qui seraient accusés de "tentative d'homicide" (ce qui suppose une volonté de tuer) mais aussi "non-assistance à personne en danger" et "non-obstacle à la commission d'une infraction".

Mardi, le procureur de Marseille a déclaré avoir saisi l'IGPN pour des faits de "violences aggravées", qualification susceptible d'évoluer avec les investigations.

L'avocat de la victime assure avoir des images confirmant ces faits: "Nous avons plusieurs vidéos où l'on voit bien leurs brassards, leurs casques, leurs matraques. Elle reçoit d'abord un coup de LBD dans les jambes, elle tombe au sol et c'est là qu'elle reçoit un coup de matraque qui lui scalpe une partie du crâne. Puis une deuxième grappe (de policiers en civil, NDLR) lui file des coups de pied au sol et des coups de matraques et enfin une troisième grappe empêche des gens de lui porter secours".

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