Marwa, 1 an, plongée dans un coma artificiel: la justice ordonne le maintien des soins

Marwa, 1 an, plongée dans un coma artificiel: la justice ordonne le maintien des soins

Publié le 08/02/2017 à 19:16 - Mise à jour à 19:17
©Philippe Put/Flickr
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
-A +A

Contre l'avis des médecins, mais selon le souhait des parents, le tribunal administratif de Marseille a ordonné en référé la poursuite des soins de la petite Marwa, un bébé de 1 an, admis en septembre 2016 après un virus foudroyant, et dans le coma depuis.

Le tribunal administratif de Marseille a ordonné en référé la poursuite des soins de Marwa, un bébé d'un an plongé dans un coma artificiel à l'hôpital de la Timone, comme le souhaitaient les parents et contre l'avis du corps médical.

Citant une expertise diligentée dans le cadre de la procédure judiciaire, le tribunal a jugé que la décision d'arrêt des soins était "prématurée car prise au terme d'un délai qui n’était pas suffisamment long pour évaluer, de manière certaine, l'inefficacité des thérapeutiques en cours et la consolidation de l’état de santé de l'enfant". L'expertise n'avait pas tranché la question éthique mais avait qualifié le pronostic "extrêmement péjoratif" tout en décrivant "quelques éléments d'amélioration constatés".

La juridiction met également en avant "l'avis des parents" qui revêt dans ce cas, selon le tribunal, "une importance toute particulière".

Début novembre 2016, les médecins décidaient d'arrêter les traitements et de débrancher l'appareil respiratoire maintenant ce bébé en vie. Les parents qui font part de leur combat sur Facebook, avaient saisi la justice administrative en référé et les juges avaient ordonné une expertise sur son état, avant de trancher.

A l'audience, le père de Marwa, Mohamed Bouchenafa, avant demandé qu'on laisse à sa fille "une chance de vivre", tandis que l'avocat de l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), Me Olivier Grimaldi, avait mis en avant "une obstination déraisonnable des parents".

Dans la loi Léonetti sur la fin de vie, "en aucun cas le consentement des parents n'est requis", avait-il plaidé, affirmant que "l'information et l'accompagnement de la famille", avaient été effectués dans les règles par l'hôpital de la Timone. Le bébé y a été admis le 25 septembre, atteint d'un virus foudroyant.

"La seule circonstance qu’une personne soit dans un état irréversible de perte d’autonomie la rendant tributaire d’une alimentation et d’une ventilation artificielles ne saurait caractériser, par elle-même, une situation dans laquelle la poursuite du traitement apparaîtrait injustifiée au nom du refus de l’obstination déraisonnable", soulignent encore les juges.

"C'est une victoire du droit à la vie contre ce qui aurait été pour la petite Marwa une condamnation à mort. Malgré l’état irréversible et de perte d'autonomie dans lequel on peut se trouver, rien ne justifie l'arrêt des soins tant qu'il existe un espoir", s'est réjouie l'avocate de la famille, Samia Maktouf.

La famille a également lancé une pétition en ligne sur la plateforme change.org demandant de "laisser plus de temps" à Marwa. Celle-ci avait recueilli plus de 135.000 signatures ce mercredi 8.

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Le tribunal administratif de Marseille a estimé que dans le cas de la petite Marwa, l'avis des parents avait "une importance toute particulière".

Newsletter


Fil d'actualités Société




Commentaires

-