Mort de la petite Fiona: trente ans de prison requis contre la mère et son concubin

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Mort de la petite Fiona: trente ans de prison requis contre la mère et son concubin

Publié le 25/11/2016 à 14:36 - Mise à jour à 14:38
©Thierry Zoccolan/AFP
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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La mère de la petite Fiona et son ancien concubin, soupçonnés d'avoir battu à mort la fillette risquent maintenant trente ans de prison. L'avocat général les estime collectivement responsables.

Trente ans de réclusion ont été requis vendredi 25 à l'encontre de la mère de Fiona et son ex-concubin pour la mort de la fillette en 2013, l'avocat général ayant renvoyé dos à dos les deux accusés, "couple infernal".

"Il n'est pas nécessaire que je puisse identifier qui a fait quoi, peu importe si l'un a mis trois coups et l'un un seul coup", a estimé Raphaël Sanesi de Gentile lors de son réquisitoire.

"Votre choix est fait à deux, unis dans la violence, les autres dehors. On va s'arranger, on va s'en sortir pour la +pépette+", surnom donné à l'enfant, a-t-il tonné.

Outre la peine maximale pour les coups mortels que Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf sont accusés d'avoir portés à Fiona, le magistrat a réclamé que leur condamnation soit assortie d'une peine de sûreté des deux tiers, et d'un suivi socio-judiciaire de 20 ans, avec sept ans d'emprisonnement en cas d'inobservation.

Il a demandé enfin un retrait total de l'autorité parentale de la mère sur ses deux autres enfants, et dix ans d'interdiction de ses droits civiques civils et de famille.

Les ex-concubins, jugés depuis deux semaines par la cour d'assises du Puy-de-Dôme, avaient fait croire à un enlèvement pendant des mois en 2013 avant d'avouer la mort de la fillette de cinq ans dont le corps n'a jamais été retrouvé.

"C'est un dossier extrêmement difficile pour l'accusation, vous n'avez pas de corps", a estimé Raphaël Sanesi de Gentile. Mais "Fiona a lourdement été victime de ce couple infernal" et "la peine doit être exemplaire", a-t-il dit à la cour.

"Ce qui m'insupporte, c'est que la vérité est là dans le box et que tout cela n'est que mensonges", a-t-il asséné, ajoutant que "le comportement de ce couple, le scénario macabre, la mise en scène (...) va à l'encontre de la thèse accidentelle" soutenue par la défense.

Au terme d'un procès où la tension a dominé, l'incertitude demeure sur les responsabilités de Cécile Bourgeon, à la personnalité trouble, qui n'a cessé de modifier sa version des faits et celles de Berkane Makhlouf, à la mémoire également défaillante. Sauf pour nier les violences dont l'accuse son ancienne compagne - mercredi soir, elle avait fini par avouer avoir menti.

Faute d'autopsie, la cause de la mort de Fiona n'a pas été éclaircie - coups, ingestion de médicaments, voire de drogues au domicile des deux toxicomanes. Ni la date exacte de son décès.

Même le sort réservé à la dépouille de l'enfant, enterrée en lisière d'une forêt ou jetée aux ordures, reste une énigme. Même les policiers divergent.

Jeudi à l'approche du verdict, la parole des deux accusés s'est enfin libérée, les ultimes débats tournant à l'affrontement entre Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf. Mais sans faire éclater la vérité.

"On s'est jamais dit +on va tuer Fiona, on va l'enterrer+. On l'a pas fait avec sang-froid. On n'est pas des assassins !", s'était notamment écrié l'accusé.

"Je n'ai pas faibli devant vos larmes d'émotion trop tardives que vous avez voulu faire passer hier matin", a martelé vendredi l'avocat général.

Les avocats de la défense, qui plaideront à partir de 13H00, n'ont pas commenté le réquisitoire.

"A mon sens, c'était le strict minimum, la suite logique (...) On attend beaucoup du délibéré qui doit intervenir ce soir", a commenté Antoine Portal, qui représente la Fédération des comités Alexis Danan pour la protection de l'enfance.

Trente ans de réclusion, "ça ne m'effraie pas ! (…) J'ai ma conscience pour moi. Je laisse faire la justice", avait assuré mercredi Cécile Bourgeon. "J'accepte la prison parce qu'on a menti, parce qu'on a fait l'enterrement", avait concédé de son côté Berkane Makhlouf. "Mais pas parce que j'ai porté des coups."

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP


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La mère de Fiona risque, comme son ex-concubin, trente ans de prison.

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