Nordahl Lelandais: la stratégie des aveux seulement face aux preuves

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Nordahl Lelandais: la stratégie des aveux seulement face aux preuves

Publié le 31/03/2018 à 15:26 - Mise à jour à 15:29
©Capture d'écran
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr
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Jeudi, Nordahl Lelandais a admis son implication dans la mort du caporal Arthur Noyer. L'ex-militaire de 35 ans a agi comme il le fait depuis le premier jour de l'enquête sur la disparition de Maëlys où il a aussi avoué, il ne reconnait les faits que face à l'évidence d'une preuve.

Jeudi 29 avril, il a avoué pour la deuxième fois en deux mois son implication dans la mort d'une victime. Nordahl Lelandais a admis qu'il était en cause, dans des conditions qui n'ont pas été révélées, dans le décès du caporal Arthur Noyer. Il a fait cet aveu lors d'une audition devant les juges de Chambéry et après s'être rendu en compagnie des magistrats dans la commune de Cruet, au pied du massif des Bauges en Savoie.

Le 14 février, jour de la Saint-Valentin, après cinq mois et demi de dénégations, il a reconnu son implication dans la mort de Maëlys de Araujo, mort qu'il assure encore être accidentelle.

Depuis le jour de sa première garde à vue en août 2017 (il sera brièvement libéré avant d'être de nouveau arrêté puis placé en détention), Nordahl Lelandais, 35 ans, a toujours usé d'un système de défense similaire. Il nie intégralement son implication, et ne finit par admettre que lorsqu'une preuve évidente lui est opposée par l'instruction à charge des juges ou par les enquêteurs.

Cette stratégie remonte d'ailleurs aux débuts de l'enquête sur la disparition de Maëlys. L'ancien militaire avait nié avec constance face aux gendarmes (certaines des auditions ont ensuite été annulées par la justice) avoir fait monter la petite fille dans sa voiture en marge du mariage à Pont-de-Beauvoisin (côté Isère) dans la nuit du 26 au 27 août 2017. Il finira par l'admettre lorsqu'une trace ADN sera retrouvée dans l'habitacle (ce qui déclenchera sa mise en examen), mais niera avoir démarré avec la fillette à son bord. Il niera aussi lorsqu'une image de vidéosurveillance prise à Pont-de-Beauvoisin (côté Savoie) montrera une Audi A3 que les juges pensent être la sienne avec une silhouette vêtue de blanc sur le siège passager. La plaque d'immatriculation étant invisible, le suspect contestera formellement, ce que même son avocat aura peine à soutenir. Il faudra attendre la découverte de la micro goutte de sang sous les tapis du coffre pour que Nordahl Lelandais finisse par admettre sa responsabilité.

Aller plus loin: Outre Maelys et Arthur Noyer, Nordahl Lelandais mêlé à d'autres morts?

Même schéma dans l'affaire Noyer. Lors de sa garde à vue en septembre, le suspect reconnaîtra bien avoir été présent aux mêmes endroits et aux mêmes heures que le jeune militaire de 23 ans, les bornages de leurs mobiles respectifs ne laissant aucun doute. Mais il niera l'avoir rencontré. Il admettra lors d'une autre audition l'avoir pris en stop cette nuit du 12 avril. Ce seront finalement d'autres éléments (dont le détail n'est pas connu) qui ont motivé une nouvelle audition devant les juges. Et finalement l'aveu de l'implication.

Même si la responsabilité est maintenant actée par le suspect lui-même, et indépendamment des autres affaires où le nom de Nordahl Lelandais est évoqué (mais sans implication officiellement soupçonné, une cellule travaillant aux vérifications), l'ancien maître-chien n'a pas encore tout dit. Si rien n'a encore filtré sur l'audition de jeudi 29, la thèse de l'accident est toujours défendue par le suspect dans la mort de Maëlys. Bénéficiant toujours de la présomption d'innocence malgré les aveux, la justice attend des résultats d'analyses sur des prélèvements faits sur les sous-vêtements de la fillette pour pousser (s'il devait y avoir des résultats) le suspect à dire ce qu'il s'est exactement passé cette nuit-là entre Pont-de-Beauvoisin et devant son domicile de Domessin, là où l'enfant a sans doute perdu la vie.   

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr

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Nordahl Lelandais n'a avoué dans les dossiers que face à des preuves de son implication.

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