Nuit de la solidarité: à la rencontre de la réalité des sans-abri

Nuit de la solidarité: à la rencontre de la réalité des sans-abri

Publié le 08/02/2019 à 13:02 - Mise à jour à 16:08
© GERARD JULIEN / AFP
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Auteur(s): Victor Lefebvre
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Quelque 2.000 personnes ont participé jeudi 7 au soir à la deuxième Nuit de la solidarité, visant à recenser les sans-abri à Paris. Une rencontre avec les personnes en situation de rue, avec les difficultés que cela implique, qui vise à compter les SDF mais aussi à évaluer les différents besoins pour espérer leur répondre à l'avenir.

Ils étaient une nouvelle fois quelque 2.000, dont 1.700 bénévoles, à participer à la Nuit de la solidarité jeudi 7, pour la deuxième édition de cette opération de comptage des sans-abri. La plupart (85%) y participaient pour la première fois. Pour la mairie, cela témoigne d'une réelle volonté des Parisiens de se saisir de cette question et d'y apporter une réponse.

L'année passée pour sa grande première, elle avait mis en lumière un chiffre qui n'avait pas surpris les associations mais battu en brèche tous ceux jusque-là disponibles: 3.035 personnes "en situation de rue" recensées à Paris intra-muros quelques semaines après que le secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires avait évoqué "50 personnes" dans toute l'Ile -de-France.

Par petits groupes répartis sur 353 secteurs, les bénévoles sont allés à la rencontre des sans-abri. Une démarche qui implique encore plus de difficultés qu'on l'imagine. Il faut d'abord identifier les personnes susceptibles de dormir dehors sans se cantonner à l'image du "clochard", au risque de vexer le Parisien qui attend simplement le bus.

Voir: A Paris, une nuit pour "briser la glace" entre habitants et sans-abri

 Dans le premier secteur du 14e arrondissement, les bénévoles ont été confrontés à des personnes ne parlant pas français, à l'ivresse, rarement à l'agressivité. "Vous ne servez à rien, vous ne faites rien pour nous", s'emporte une sans-abri visiblement alcoolisée.

Certains dorment déjà sous un porche, d'autres expliquent qu'ils comptent passer la nuit dans une station de métro. Un élément revient à plusieurs reprises: les appels quasi quotidiens au 115 qui ne peut que rarement répondre à leur demande.

La question de l'hébergement -d'urgence ou pérenne- reste le principal enjeu de cette "photographie" de la population sans-abri à Paris. Mais l'opération vise aussi à savoir qui sont ces personnes aux situations et besoins divers. "Connaître pour adapter" est l'un des mots d'ordre.

La Nuit de la solidarité n'est pas une maraude. Les compteurs ne sont pas là pour apporter une aide autre que fournir les numéros à contacter, hors cas d'urgence (mineurs, femmes enceintes, situation de grande détresse).

Certains sans-abri ont au contraire besoin de parler, envie de raconter leur histoire. Ce qui peut aider les bénévoles à remplir la vingtaine de points de leur questionnaire, mais ils doivent parfois couper court. Un paradoxe parmi d'autres. L'opération vise à chercher des sans-abri tout en espérant ne pas en trouver. "Dans ce secteur on a déjà perdu", lâche peu après minuit un des bénévoles après être passé devant un groupe de personnes dormant devant l'entrée d'un supermarché. Déjà plus d'une quinzaine de personnes recensées, contre neuf l'année dernière dans la même zone.

Il faudra attendre quelques semaines avant la publication des résultats sur l'ensemble de la ville. Mais déjà les organisateurs envisagent une augmentation. Certaines zones non-couvertes l'année dernière comme les parcs publics et les parkings ont été incluses pour cette édition. La Nuit de la solidarité 2019 pourrait donc confirmer que les 3.035 personnes à la rue en durant l'hiver 2018 était bien une "estimation basse".

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Auteur(s): Victor Lefebvre

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La Nuit de la solidarité a de nouveau rassemblé près de 2.000 bénévoles.

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