Peine de mort par injection létale: un supplice ultra-controversé

  •  FranceSoir a besoin de votre soutien, SIGNEZ LA PETITION !  

Peine de mort par injection létale: un supplice ultra-controversé

Publié le 11/10/2018 à 11:08 - Mise à jour à 11:14
© CAROLINE GROUSSAIN / AFP/Archives
PARTAGER :

Auteur(s): La rédaction de France-Soir

-A +A

Aux Etats-Unis, alors qu'une trentaine d'Etats n'ont toujours pas aboli la peine de mort, cette pratique fait face ces derniers mois à une controverse sans précédent. De nombreux laboratoires ont arrêté de produire les produits pour l'injection létale, forçant les autorités locales à modifier le cocktail mortel qui provoque de nombreux ratés et des douleurs atroces pendant, parfois, plusieurs heures pour le condamné à mort.

Aux Etats-Unis, dans le Tennessee, Edmund Zagorski devait être exécuté ce jeudi 11 octobre, après avoir été condamné à mort en 1984 pour le meurtre de deux hommes, qu'il avait égorgés. Mais la veille de l'application de la sentence, le meurtrier de 63 ans a obtenu un sursis: la justice souhaite lui laisser du temps pour qu'il puisse expliquer son choix. Quel choix? La façon dont il sera tué: sur la chaise électrique.

Dans cet Etat, les condamnés à mort ont en effet la possibilité de choisir entre cette exécution et l'injection létale, qui fait face à une controverse sans précédent depuis de longs mois.

Selon la requête des avocats d'Edmund Zagorski, le sexagénaire a opté pour la chaise électrique pour une mort rapide et certaine bien que douloureuse, plutôt qu'une longue agonie.

Ils ont ainsi expliqué qu'avec l'injection létale, leur client pourrait vivre "les 10 à 18 dernières minutes dans une horreur absolue" alors que la chaise électrique le ferait souffrir atrocement mais "seulement entre 15 et 30 secondes".

Lire aussi: le Texas exécute par injection un meurtrier qui voulait être fusillé ou gazé

Le cas de cet homme illustre le débat qui fait de plus en plus rage aux Etats-Unis ces derniers mois.

Trois produits entre dans la composition de l'injection mortelle: un anesthésiant pour endormir, une substance qui paralyse les muscles de l'individu, et une autre qui arrêté son cœur.

Mais les laboratoires américains et européens qui fournissaient jusque-là les prisons avec les barbituriques pour procéder à l'injection létale ont arrêté de fabriquer certains produits (pour une question d'image).

Résultat, les 31 Etats américains qui appliquent toujours la peine de mort doivent trouver des alternatives pour remplacer les produits manquants. C'est souvent le midazolam, un anxiolytique censé anesthésier le condamné à mort, qui pose problème.

L'efficacité de ce produit a été remise en cause après que plusieurs prisonniers ont agonisé pendant des heures avant de mourir. Dans l'Oklahoma en 2014, Clayton Lockett a souffert pendant 43 minutes (convulsions, gémissements…) avant de succomber à une crise cardiaque. Son cas avait été jugé particulièrement inhumain et l'Oklahoma s'était remis en question, arrêtant toute exécution pendant neuf mois.

Ensuite, une pénurie du midazolam a contraint les Etats à chercher d'autres produits dans des laboratoires européens, qui ont catégoriquement refusé de fournir leurs substances pour ces fins-là.

Désormais de nombreux Etats "offrent" le choix aux condamnés entre différents moyens de mise à mort. Dans l'Utah, par exemple, les prisonniers peuvent opter pour le gaz.

D'autres ont ralenti le rythme des exécutions voire les ont suspendues totalement pour trouver d'autres moyens plus "humains" d'exécuter les prévenus, ou attendre que la législation évolue.

Et aussi:

Le gouvernement américain confirme son recours accru à la peine de mort

Peine de mort: le tueur au garrot exécuté, première sentence capitale en 2018 aux Etats-Unis

Etats-Unis: la peine de mort confortée, voire revigorée, dans 3 Etats

Auteur(s): La rédaction de France-Soir


Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.



PARTAGER CET ARTICLE :


Dans Tennessee (Etats-Unis), un condamné à mort a obtenu un sursis car il a demandé à être exécuté par chaise électrique et non injection létale.

Newsletter


Fil d'actualités Société




Commentaires

-