Prison avec sursis requise contre la mère qui a tué sa fille handicapée

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PP
Publié le 15 septembre 2015 - 18:59
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Un palais de justice.
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©Thomas Bresson/Flickr
La petite Méline était handicapée motrice et cérébrale depuis sa naissance.
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Laurence Nait-Kaoudjt est jugée depuis lundi 14 par les assises de l'Ille-et-Vilaine pour avoir tué, en 2010, sa petite fille handicapée âgée de huit ans. Ce mardi, le procureur a requis contre elle cinq ans de prison, intégralement assortis de sursis.

Est-ce un meurtre ou la preuve ultime de l'amour d'une mère? La cour d'assises d'Ille-et-Vilaine juge depuis lundi 14 Laurence Nait-Kaoudjt, accusée d'avoir tué sa fille handicapée âgée de huit ans, Méline, en 2010 à Saint-Malo. Ce mardi, le procureur Yann Le Bris a requis cinq ans de prison contre l'accusée, une peine qu'il souhaite voir entièrement assortie de sursis.

"Ne pas la déclarer coupable, cela signifierait que quelqu'un qui a un enfant handicapé, qui éprouve des difficultés importantes à un moment donné (aurait le droit de) tuer son enfant parce que c'est le sien", a ainsi expliqué le vice-procureur cité notamment par Le Parisien.  Puis d'appeler la cour et les jurés à faire preuve de raison et d'humanité et à reconnaître "les conséquences de la vie difficile d'une mère seule qui élève un enfant handicapé" dans leur verdict, alors que l'accusée encourt la prison à perpétuité.

Le verdict du procès était attendu ce mardi soir.

Le 22 août 2010, Laurence Naït-Kaoudjt et sa mère, Simone, se sont rendues à la messe avec Méline. La journée s'est déroulée sans encombre. Le soir, Laurence Naït-Kaoudjt et sa fille se sont couchées tôt tandis que Simone est partie se promener. A son retour à la maison, elle a trouvé deux enveloppes. Sur la première était écrit: "maman pardonne-moi, Laurence qui t'aime. Nano est belle et digne sur son lit".  À l'intérieur se trouvait un court billet dans lequel elle expliquait avoir voulu mourir avec sa fille: "je choisis librement de partir avec ma fille Méline pour faire le grand voyage, ce choix je l'avais fait depuis longtemps... notre histoire se termine ainsi". La seconde enveloppe contenait un testament. Etonnamment, Simone n'a attendu que le lendemain matin pour se rendre dans la chambre de sa fille et petite-fille.

Elle y a alors trouvé Méline, étendue sur son lit, joliment vêtue, les mains sur la poitrine ornée d'une croix. Laurence Naït-Kaoudjt, quant à elle, était au bord du malaise. Malgré tout, Simone a encore attendu une-demi heure pour alerter les secours. Elle a expliqué plus tard au juge s'être comportée de la sorte car sa fille lui avait fait part à plusieurs reprises de son désir de "partir" avec Méline. Placée en garde à vue après le meurtre, Laurence Naït-Kaoudjt a avoué avoir administré des neuroleptiques à sa fille avant de l'étrangler. Elle a également expliqué avoir tenté de se suicider plusieurs fois dans la nuit du drame, en absorbant des médicaments, en s'étranglant avec une écharpe, en s'étouffant avec un sac plastique, puis en s'ouvrant les veines.

 

 

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