"Race noire": après l'alerte enlèvement polémique, la recherche d'explications

"Race noire": après l'alerte enlèvement polémique, la recherche d'explications

Publié le 19/10/2016 à 20:47 - Mise à jour à 20:52
©Chauveau Nicolas/Sipa
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr
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Le texte de la dernière alerte enlèvement évoquait un individu de "race noire". Propos qui ont choqué une partie de l'opinion publique et les associations antiracistes. Le texte a été rapidement modifié par le ministère de la Justice.

La correction rapide n'a pas empêché l'indignation. Des internautes choqués mais aussi les associations antiracistes ont réagi au texte de la dernière alerte enlèvement, lancée mardi 18 au soir pour retrouver Djenah, quatre mois, enlevée un peu plus tôt par son père à Grenoble. Le premier communiqué mentionnait en effet que le père était de "race noire".

Une formulation raciste à la portée d'autant plus importante que le concept même de l'alerte enlèvement est de favoriser une diffusion rapide et la plus vaste possible sur tous les médias. Certains ont choisi de reproduire à l'identique le communiqué du ministère de la Justice, d'autres de corriger cette formulation.

Rapidement averti du problème, le ministère a envoyé un correctif précisant cette fois-ci que le ravisseur était de "couleur noire", environ une heure et demi après la première alerte. Son porte-parole Pierre Januel a évoqué par la suite des termes "regrettables" et "repris précipitamment", mettant toutefois l'accent sur le fait que les autorités avaient rapidement réagi. 

Comme le souligne Europe1, les textes des alertes enlèvement sont rédigés par les premières personnes au contact de la situation, à savoir les forces de l'ordre et le parquet. Le ministère de la Justice les transmet ensuite aux médias pour une diffusion massive. Mais il semblerait que personne n'ait remarqué cette formulation dans la précipitation, la vitesse étant essentielle.

Du côté des associations, on ne semble pas croire à un acte volontairement raciste mais à un nouveau témoignage du poids des préjugés ou d'un racisme latent. Le président de la Licra Alain Jakubowicz a notamment salué la réaction outragé du public et celle, rapide, des autorités. SOS Racisme a demandé dans un communiqué au ministère "de faire la lumière sur la mention du terme +race+ dans une communication officielle de l’Etat", évoquant un "retour du (racisme) refoulé particulièrement vivace dans cette période troublée".

La petite fille a été retrouvée en bonne santé ce mercredi 19 au matin après la reddition de son père à la police.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr

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Le ministère de la Justice a évoqué des termes "évidement inappropriés, regrettables et très rapidement modifiés".

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