Scandale: le sumo Harumafuji poussé à la retraite après avoir frappé un autre lutteur

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Damien Durand
Publié le 29 novembre 2017 - 12:56
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Le lutteur yokozuna Harumafuji.
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Harumafuji était "yokozuna", le plus haut grade possible dans le sumo.
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Ce mercredi, le lutteur de sumo Harumafuji, de nationalité mongole, a annoncé sa retraite lors d'une conférence de presse où il a également fait acte de contrition. Il est accusé d'avoir battu l'un de ses compatriotes, également sumo, lors d'une soirée arrosée. Harumafuji, qui a atteint le plus haut grade de ce sport, reconnaît les faits mais assure qu'il l'a seulement "réprimandé"

C'est un coup de tonnerre qui vient de s'abattre dans le monde du sumo au Japon. Le yokozuna (grade le plus élevé qu'un lutteur peut atteindre) Harumafuji, de nationalité mongole, a annoncé mercredi 29 qu'il mettait un terme à sa carrière. Il était impliqué dans un scandale s'étant déroulé en octobre, accusé d'avoir frappé un autre lutteur à coups de bouteille lors d'une soirée bien arrosée. La victime des coups, un lutteur mongol du nom de Takanoiwa, s'était retrouvée sérieusement blessée avec une fracture du crâne. Une blessure qui a d'ailleurs généré un deuxième scandale, de moindre importance, la blessure du lutteur ayant été cachée dans un premier temps via un certificat médical douteux.

C'est dans la ville de Tottori, au sud du Japon, que les faits se sont produits en marge d'une tournée d'exhibition, entre deux tournois officiels (qui se tiennent, eux, les mois impairs). La police enquête encore sur ce qu'il s'est passé exactement. Selon les premières versions connues, la soirée très alcoolisée et qui réunissait des lutteurs mongols (la Mongolie étant un gros pourvoyeur de sumos professionnels au Japon) a dégénéré lorsque Harumafuji s'est mis à battre son compatriote. Ce dernier aurait utilisé son téléphone (selon certaines versions pour envoyer un message à sa petite amie) alors qu'Harumafuji, son aîné et dont le grade doit en principe susciter un certain respect, était justement en train de lui reprocher son comportement. Harumafuji assure pour l'instant qu'il ne s'est pas servi d'une bouteille d'alcool mais l'a seulement corrigé à coups de poing et avec une télécommande de karaoké. L'enquête est toujours en cours et la police doit maintenant entendre un autre lutteur, le Mongol Hakuhô, champion incontesté du moment qui détient le record du nombre de tournoi de sumo remporté avec 40 titres. Présent à la soirée, il sera audité comme témoin.

"Ma conduite n'était pas digne d'un yokozuna" a déclaré visiblement ému Harumafuji (Davaanyamyn Byambadorj) lors d'une séance de contrition publique (source YouTube), très courante au Japon que ce soit dans le milieu du sport, du showbiz ou des affaires, lors de laquelle il s'est excusé aux côtés du dirigeant de son "écurie" dont il était le lutteur vedette. Il a tenu cependant à maintenir face aux nombreux journalistes et sous les flashs crépitants sa version des faits sur les coups portés à Takanoiwa. "Je l'ai fait pour lui, je voulais lui apprendre la politesse et la courtoisie, je l'ai réprimandé en tant q'aîné, mais je l'ai blessé ainsi que l'association de sumo, les fans et mon groupe de soutien. On ne m'a jamais dit que j'avais un problème avec l'alcool, et cet incident ne s'est pas produit parce que j'avais trop bu" a déclaré le lutteur tombé en disgrâce.

Harumafuji, âgé de 33 ans, a débuté dans le sumo professionnel (qui compte six divisions) à l'âge de 16 ans. Il est devenu yokozuna, un grade qui une fois attribué est définitif, en 2012. Son dernier tournoi s'est déroulé en novembre. Il en a été exclu alors qu'il avait déjà livré les premiers combats, lorsque le scandale a éclaté.

Lire aussi: Mongolie : un ex-lutteur devient président

Le monde du sumo a déjà à plusieurs reprises été entâché par des scandales impliquant des lutteurs de premier rang. En 2010 un autre yokozuna mongol Asahôryû avait déjà dû se retirer au sommet de sa gloire pour avoir fracturé le nez d'un client d'une discothèque sous l'effet de l'alcool.

Miné par une succession de scandales depuis dix ans, et la prédominance des lutteurs mongols sur les Japonais, le sumo sombrait peu à peu dans le déclin populaire. Mais le renouvellement des lutteurs et le retour des Japonais parmi les meilleurs de la discipline ont relancé l'intérêt pour ce sport, les tournois (six par an, sur quinze jours) affichant de nouveau complet dans les gradins. Il est encore difficile d'estimer l'impact sur ce nouvel élan populaire de la disgrâce d'Harumafuji que l'opinion publique soutenait paradoxalement dans un premier temps, estimant que le champion n'avait pas totalement tort de "corriger" un lutteur irrespectueux. Un contexte qui explique pourquoi malgré la renonciation de Harumafuji, les questions de l'alcoolémie du champion et de l'usage ou non d'une bouteille sont si importantes, alors qu'elles pourraient sembler anecdotiques pour un observateur extérieur.

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