Triple meurtre à Istres: "je suis coupable", clame Karl Rose à son procès

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Triple meurtre à Istres: "je suis coupable", clame Karl Rose à son procès

Publié le 05/01/2017 à 19:34 - Mise à jour à 19:35
©Eric Piermont/AFP
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Le procès de Karl Rose, jeune homme désocialisé passionné par son ordinateur et les armes et qui a abattu trois inconnus en 2013, a débuté ce jeudi. Détaillant ses problèmes psychiatriques, ses parents "tortionnaires", il a déclaré être à l'époque une "bombe à retardement".

En 2013, il avait abattu à la kalachnikov trois personnes à Istres: évoquant les "saloperies" commises par ses parents, Karl Rose, 23 ans, a évoqué ce jeudi 5 à l'ouverture de son procès devant les assises des Bouches-du-Rhône sa "haine des adultes", qui a fait de lui "une bombe à retardement".

"Je suis coupable, j'avais la haine. J'ai fait quatre ans de psychothérapie pour comprendre que c'est parce que mes parents m'avaient traité comme une bête", a expliqué le jeune homme, qui avait 19 ans au moment des faits.

Karl Rose, polo blanc rayé de bleu, lunettes à l'épaisse monture noire et cheveux en bataille, a longuement détaillé devant la cour "la haine des adultes" qu'il avait développée à cause selon lui de ses parents, à qui il reproche des "saloperies" et des "séquestrations".

"+Je me vengerai des adultes+, ça a tourné en boucle dans ma tête pendant quatre ans", a-t-il poursuivi dans un long monologue rapide et saccadé. "J'étais en train de développer une pathologie mentale", a-t-il expliqué.

A plusieurs reprises au premier jour d'audience, Karl Rose s'est lancé dans des discours assez longs et parfois décousus, évoquant tour à tour son isolement, ses compétences de tireur -"J'ai fait des années de stand de tir", "j'étais le meilleur du département"- ou le dossier d'instruction. "J'étais une bombe à retardement", a résumé l'accusé.

Dans une rare parole pour ses victimes, il dit : "Ces gens-là, ils ne m'avaient pas fait de mal. Tous les adultes ne sont pas des tortionnaires d'enfants". Auparavant, le président de la cour Pascal Guichard avait rappelé comment, le 25 avril 2013 en début d'après-midi après une dispute avec son père au sujet de la vaisselle, il avait quitté la maison familiale puis tué sans raison trois personnes qu'il ne connaissait pas avec une kalachnikov.

Lors de sa brève équipée, il a abattu Serge Shorjian, 45 ans, et Patrice Martinez, 36 ans, qui bricolaient devant leurs maisons. Un peu plus tard, il tuera un automobiliste retraité, Pierre Tanneux.

Seule Louisa Olivieri, dont il a stoppé le véhicule par des tirs, aura la vie sauve. "J'ai vu comme tombé du ciel un individu droit devant moi avec un fusil. Il m'a tiré dessus (...) je saignais de la bouche (..) il est monté dans la voiture et m'a dit +roule, on va à Paris+", a raconté à la barre cette employée de collectivité locale, qui a travaillé "vingt ans dans le social".

Lorsqu'elle refuse d'obtempérer, il lui répond: "Arrête de m'embrouiller le cerveau, je suis en pleine crise de schizophrénie." "Ces mots-là, ça sonnait faux pour moi. Les vrais schizophrènes, c'est pas pareil, (...) ils ne peuvent pas s'analyser en pleine crise", a expliqué la victime, qui dit avoir perçu "une crise, pas de démence, de rage" chez l'accusé.

"Elle rajoute toujours des phrases qui n'existaient pas", lui répond Karl Rose pour qui la scène, d'"une dizaine de minutes" selon l'évaluation de Louisa, a été beaucoup plus brève.

Ce jeune homme désocialisé qui passait l'essentiel de son temps dans sa chambre sur internet, n'avait quasiment que des contacts virtuels. "J'ai jamais eu d'amis de ma vie, la seule personne avec qui j'ai parlé depuis mes 14 ans, c'est Nicolas Mallet", un Parisien de 5 ans son aîné. "Nos seules obsessions, c'étaient les crimes, la mort, tuer: deux retardés mentaux derrière leurs ordinateurs", explique-t-il.

Ce fondu d'armes à feu, qui surfait parfois sur des sites d'extrême droite, avait trouvé sur le net le moyen d'assouvir sa passion, se procurant du matériel et acquérant des connaissances pointues.

Après avoir acheté, remis en état et revendu sur le net plusieurs armes de poing neutralisées, il avait ensuite tenté de faire de même avec une kalachnikov. Son premier achat lui avait valu des poursuites. Le deuxième fusil d'assaut, Karl Rose l'avait cassé en tentant de le remettre en service.

La troisième fois fut la bonne: après avoir changé la culasse et le canon, il avait enterré l'arme et des munitions dans un bois. Karl Rose ira les déterrer juste avant de passer à l'acte.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP


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"Les crimes, la mort, tuer", les obsessions décrites par Karl Rose à son procès.

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