Trois associations portent plainte contre la BNP pour complicité de génocide au Rwanda

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Trois associations portent plainte contre la BNP pour complicité de génocide au Rwanda

Publié le 29/06/2017 à 10:36 - Mise à jour à 10:45
©Philippe Huguen/AFP
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr
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Pour le première fois depuis la perpétration du génocide rwandais, une société privée est accusée de "complicité de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité". Il s'agit de la BNP que trois associations accusent d'avoir permis l'achat d'armes par le gouvernement génocidaire hutu.

L'association anticorruption Sherpa, le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) et Ibuka France ont fait savoir qu'ils déposaient une plainte ce jeudi 29 avec constitution de partie civile visant BNP Paribas pour "complicité de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité", comme le révèle France Info et Le Monde.

Cette plainte revêt un caractère particulier car pour la première fois dans le dossier du génocide rwandais, elle ne vise pas une personne physique mais une société privée, 23 ans après les faits. Rappelons que les crimes contre l'humanité et ceux de génocide sont imprescriptibles.

Pour mémoire le 6 avril 1994, l'avion du président hutu Juvénal Habyarimana est abattu alors qui devait atterrir à Kigali, la capitale du Rwanda et le chef de l'Etat est tué. Le pouvoir échoit alors au colonel Bagosora, extrémiste hutu, qui fait assassiner la Première ministre Agathe Uwilingiyimana, hutue modérée. Dès le lendemain du crash de l'avion présidentiel, les massacres systématiques de Tutsis commencent, perpétrés aussi bien par les milices extrémistes Interahamwe que par les membres de l'armée rwandaise, garde présidentielle en tête, provoquant la mort de 800.000 personnes.

Les associations accusent la BNP, depuis devenu BNP Paribas, d’avoir permis le "financement de l’achat d’armes, ayant servi à la perpétration du génocide", alors "que la banque ne pouvait douter des intentions génocidaires des autorités du pays pour qui elle a autorisé le transfert" de fonds. Ces mouvements bancaires ont eu lieu du 14 au 16 juin 1994 pour plus de 1,3 million de dollars (1,14 millions d'euros), et sont intervenus alors que l'ONU avait décrété courant du mois de mai un embargo sur les livraisons d'armes au Rwanda.

Selon Jacques Morel, auteur de La France au cœur du génocide des Tutsi (éd. L’esprit frappeur, 2010), ces transferts de fond ont permit l'achat, par le biais de Willem Tertius Ehlers un marchand d'armes sud-africain, par le gouvernement génocidaire hutu, le colonel Bagosora en tête de "centaines de milliers de balles pour fusils et mitrailleuses, des grenades ainsi que des obus de mortiers" qui ont ensuite été distribuées aux Forces armées rwandaises (FAR) et aux miliciens extrémistes hutus. Au total 80 tonnes d'armes ont été acquises sur des stocks destinés à l'armée zaïroise depuis les Seychelles.

"Arrivées à Goma, ville zaïroise frontalière du Rwanda, les armes auraient traversé la frontière et été transportées jusqu'à Gisenyi au Rwanda", poursuit le communiqué. L'aéroport de Goma, où ont attetris les avions chargés d'armes, était par ailleurs sous le contrôle de l'armée française.

Sollicitée par les médias, la banque a indiqué, par la voix d’un porte-parole, ne pas disposer "des éléments suffisants" sur cette plainte "pour être en mesure de la commenter".

Environ 25 dossiers liés au génocide au Rwanda sont actuellement instruits en France par un pôle d'enquêteurs et de magistrats spécialisés sur les crimes contre l'humanité. Ce dernier a été créé face à l'accumulation des plaintes concernant ce génocide, dont plusieurs auteurs s'étaient réfugiés dans l'Hexagone.

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr

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Les associations accusent la BNP d’avoir permis le "financement de l’achat d’armes, ayant servi à la perpétration du génocide".

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