Un journaliste étranglé et frappé par des contrôleurs de la RATP pour avoir filmé un contrôle

  •  SOUTENEZ L'INDEPENDANCE DE FRANCESOIR, FAITES UN DON !  

Un journaliste étranglé et frappé par des contrôleurs de la RATP pour avoir filmé un contrôle

Publié le 22/11/2017 à 14:40 - Mise à jour à 15:07
© LIONEL BONAVENTURE / AFP/Archives
PARTAGER :

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr

-A +A

Raphaël Godechot, journaliste indépendant, a été victime de violence de la part d'agents de la RATP début novembre. Les contrôleurs l'ont frappé et étranglé alors qu'il filmait le contrôle d'un autre voyageur, ce qui est parfaitement légal.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête après l'agression présumée d'un journaliste indépendant ce mercredi 22. Ce dernier, Raphaël Godechot, affirme avoir été frappé par des agents de la RATP, vendredi 17, à la station de Denfert-Rochereau, alors qu'il filmait un contrôle, selon lui litigieux, d'un autre voyageur qui n'avait visiblement pas de titre de transport.

Il raconte son histoire sur StreetPress. Face au contrôle qu'il sent sur le point de dégénérer, il sort son téléphone pour filmer la scène. "L’homme n’avait pas de papiers. Sa voix tremblait, il parlait une langue étrangère", raconte-t-il au site Internet. Toutefois, une contrôleuse veut s'opposer à ce que Raphaël Godechot enregistre des images en le poussant et en le frappant au bas-ventre.

"Je lui ai dit +je suis journaliste, j’ai le droit de vous filmer+" poursuit le jeune homme. Mais les coups continuent à pleuvoir: "J’ai alors senti une main qui tapait très fort sur ma main, mon portable a été projeté par terre".

La situation dégénère alors complément: "Rapidement, je sens un bras qui sert violemment mon cou. Un contrôleur m’étrangle par derrière. Il est costaud. J’ai mal. Je ne peux plus respirer. Il essaye de me mettre au sol. Je ne me débats pas. Je me dis que ça ne peut qu’envenimer la situation. Je me dis que si le mec est assez fou pour m’étrangler, mieux vaut ne pas le chercher". Et d'ajouter: "Il me donne des coups de pied et de genoux dans la jambe. Je finis par tomber, avec ma carte de presse dans la main. Elle se casse".

Un autre contrôleur profite de la situation pour se saisir du téléphone du journaliste et d'effacer les images qu'il contient. "T’es journaliste? Tu sais quoi, on s’en fout t’es pas connu. Tu ne vas rien pouvoir faire", lui lance l'un des agents.

Comble de l'histoire, les contrôleurs violents vont également verbaliser Raphaël Godechot pour "trouble à la tranquillité". Une amende de 110 euros que le journaliste refuse de régler et reçoit un reçu avec le mention "Refus de signer" dessus. "C’est pas plus mal, ça me fera une preuve, il y a l’heure dessus, 22h18. La scène a duré à peine 20 minutes, pourtant j’ai l’impression que ça a duré une heure. Mais au fait… l’homme qu’ils contrôlaient, qui n’avait pas ses papiers? Il n’est plus là, ils ont fini par le lâcher. Ça, c’est la bonne nouvelle de la soirée. Je suis soulagé", précise-t-il.

Raphaël Godechot va déposer plainte pour "violence aggravées" le lendemain avec une vidéo à l'appui. Il s’est vu octroyer trois jours d’ITT suite aux violences qu'il a subies. 

De son côté, le groupe RATP a annoncé avoir ouvert une enquête interne et a assuré qu'il prendrait des mesures si les faits sont avérés. 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr

PARTAGER CET ARTICLE :


Raphaël Godechot a été agressé par des contrôleurs de la RATP.

Annonces immobilières

Newsletter





Commentaires

-