Une amende de 40.000 euros requise contre les frères Karabatic

  •  Vous appréciez FranceSoir, soutenez son indépendance, faites un don !

Une amende de 40.000 euros requise contre les frères Karabatic

Publié le 28/11/2016 à 14:26 - Mise à jour à 14:35
©Pascal Parrot/Reuters
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
-A +A

Nikola et Luka Karabatic comparaissaient ce lundi dans l'affaire des paris truqués réalisés pendant un match de leur équipe de l'époque, Montpellier, en 2012. L'avocat général a requis 40.000 euros d'amende contre eux.

L'avocat général a requis, ce lundi 28, 40.000 euros d'amende contre les frères Karabatic dans le procès en appel sur des paris portant sur un match de hand présumé truqué, fustigeant "des sportifs professionnels (qui) ne sont pas mieux placés pour incarner des valeurs d’éthique et de probité".

Dénonçant "une fraude collective née dans les vestiaires" pour se constituer "une caisse noire", Bertrand Baboulenne a réclamé des peines plus lourdes que celles infligées en première instance à Nikola et Luka Karabatic, absents à l'audience. L'aîné, qui a toujours nié son implication dans les paris passés, tout comme le trucage du match, avait été condamné à 10.000 euros d'amende pour escroquerie en juillet 2015. Son cadet, qui a reconnu une "bêtise d'un jeune joueur" à propos des paris, avait écopé de 15.000 euros d'amende.

Une peine d'amende de 40.000 euros a également été requise à l'encontre des deux hommes considérés comme les pivots de l'affaire, le buraliste Nicolas Gillet et le joueur slovène Mladen Bojinovic. Des peines d’amende allant de 10.000 euros avec sursis à 20.000 euros ont été réclamées pour les 12 autres prévenus, dont les compagnes des frères Karabatic. 10.000 euros ont été requis contre les deux femmes, qui avaient déjà été condamnées à payer cette somme en 2015.

Les 16 prévenus sont accusés d’être impliqués dans des paris passés à hauteur de plus de 100.000 euros sur le résultat à la mi-temps d'un match disputé et perdu le 12 mai 2012 par Montpellier face au club de Cesson. Montpellier, déjà sacré champion de France, était privé de plusieurs joueurs, dont les frères Karabatic, tandis que Cesson tentait d'éviter la relégation en division inférieure. Les joueurs montpelliérains sont soupçonnés "de s’être entendus pour laisser filer le match à la mi-temps afin de parier sur leur propre défaite et de déjouer les pronostics de la Française des Jeux pour empocher des gains", a résumé l’avocat général.

Le magistrat a pointé les "retraits inhabituels de sommes considérables les jours précédant les paris", les messages échangés notamment entre les frères Karabatic et leurs compagnes, "le stratagème" mis en place par les joueurs lors des mises et des retraits des gains pour rester anonymes, les relations téléphoniques, qualifiées de "trafic exceptionnel", entre tous les prévenus, ainsi que "l’engagement de sommes considérables, 105.000 euros alors que d’habitude c’est 3.000 euros".

Il s’est appuyé sur "surtout, la simultanéité de l’engagement des paris dans un créneau de 20 minutes", à Paris, Montpellier, Rennes et Alès, "pour tromper le système d’alerte de la FDJ et prendre de vitesse le système de blocage", pour démontrer que "tous sont co-auteurs de cette escroquerie".

"Cette affaire nous montre une fois de plus que les sportifs professionnels ne sont pas mieux placés pour incarner des valeurs d’éthique et de probité. On les voudrait irréprochables, alors qu’on devrait les admirer pour ce qu’ils savent faire, c’est à dire leur sport", a dit M. Baboulenne.

Me Thierry Herzog, avocat de la FDJ, partie civile, avait dénoncé "des méthodes de voyous" dans sa plaidoirie vendredi, avant de réclamer le remboursement des sommes indûment payées. "Ils ont joué, ils ont parié, ils ont misé, ils ont cru qu’ils avaient gagné er la justice dira qu’ils ont perdu", avait-il dit. La Ligue nationale de handball, Montpellier Handball, Montpellier Agglomération Handball et la Fédération française de handball sont également parties civiles.

En première instance, les prévenus avaient été condamnés à des peines allant de 1.500 à 30.000 euros d'amende. Ils encourent cinq ans de prison, 375.000 euros d'amende ainsi que l'interdiction d'exercer l'activité professionnelle ayant permis l'infraction.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Les frères Karabatic risquent 40.000 euros d'amende dans l'affaire des paris truqués.

Newsletter


Fil d'actualités Société




Commentaires

-