Fin de la "gratuité" des tests PCR : cassez le thermomètre ?

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FranceSoir
Publié le 13 août 2021 - 13:59
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PRAKASH MATHEMA / AFP
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Emmanuel Macron nous avait prévenus lors de son allocution le 12 juillet : « cet automne, les fameux tests PCR seront rendus payants ». Mercredi 11 août, Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, a confirmé cette annonce lors de son compte-rendu du Conseil des ministres à Ajaccio.

Une obligation vaccinale déguisée ? 

La gratuité des tests PCR et antigéniques présentait l'avantage d'être non-discriminante, mais le gouvernement a prouvé depuis quelque temps qu'il ne se préocuppait plus de ce genre de futilité. La fin de la gratuité de ces tests sera actée d’ici mi-octobre. Seuls les tests PCR ou antigéniques prescrits par un médecin, ou en situation de cas contact pourront être remboursés par la sécurité sociale. Les tests dits « de confort », seront quant à eux facturés 43,89 euros pour les PCR et 25 euros pour les antigéniques. Sans aller jusqu’à une obligation vaccinale formelle, c’est donc à travers une forme de chantage budgétaire que le gouvernement impose sa politique. Le gouvernement n'oblige donc à rien, mais incite fortement à aller se faire vacciner : vivre "normalement" sans l'être deviendra non seulement compliqué, mais très cher.

"Les tests PCR ne remplacent pas la vaccination"

"Les tests ne protègent pas", a averti Gabriel Attal. Mais la vaccination ne suffit pas non plus apparemment, puisque parmi les autres nouvelles mesures annoncées, le porte-parole du gouvernement a aussi mentionné le renforcement des frontières : « 100% des voyageurs venant de pays à risque seront contrôlés par test antigénique », même pour les personnes vaccinées, donc. Le virus a donc retrouvé un passeport... Pour les hôpitaux, c'est la même chose : un test PCR est demandé à l'entrée, pour tout le monde. Étrange puisqu'apparement "les tests ne protègent pas".

Une épidémie de tests davantage qu’une épidémie de cas ?

Ces nouvelles mesures, le gouvernement les justifie par un taux de contamination en hausse, qui "ne semble pas s'infléchir". Étonnant ? Pas vraiment. Le passe sanitaire étant désormais obligatoire, un plus grand nombre de personne est obligé de prendre rendez-vous à la pharmacie pour faire se faire tester. Malgé cette vague de tests, le taux de reproduction est en baisse, le taux d'incidence et le taux de positivité stables, même compte tenu de la flambée aux Antilles :

À la mi-octobre, avec des test PCR et antigéniques payants, si les cas diminuent, le gouvernement se félicitera-t-il de sa campagne vaccinale ? Ou bien obligera-t-il, en cas de nouvelle flambée, les personnes vaccinées à se faire tester à nouveau ?

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