Hépatite C: l'accès universel aux antiviraux met fin à la discrimination subie par certains malades

Hépatite C: l'accès universel aux antiviraux met fin à la discrimination subie par certains malades

Publié le 26/05/2016 à 12:38 - Mise à jour à 13:01
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr
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Marisol Touraine a décidé mercredi de rendre les nouveaux traitements antiviraux d'action directe (NAAD) accessibles à toutes les personnes atteintes de l'hépatite C, mettant ainsi fin à une grande injustice. Car jusqu'à présent, seuls les "malades graves" avaient accès à ces médicaments, en raison de leur prix exorbitants. Les autres devaient attendre que leur cas s'aggrave ou se tourner vers des génériques produits à l'étranger, sans rien savoir de leur qualité.

"Aujourd'hui, je décide l’accès universel aux traitements de l'hépatite C", a déclaré la ministre de la Santé Marisol Touraine mercredi 25 à l'occasion de la journée nationale de lutte contre les hépatites virales. Une décision qui met fin à une "discrimination entre patients qui n'est pas acceptable sur le plan éthique", selon le Conseil national du Sida et des hépatites virales (CNS). Car jusqu'ici, les nouveaux antiviraux d'action directe (NAAD), disponibles depuis 2014 et intégralement remboursés par l'Assurance maladie, n'était accessibles qu'aux malades les plus gravement atteints, ceux qui souffrent d'une fibrose du foie avancée, en raison de leur prix.

A titre d'exemple, le prix du Sovaldi (sofosbuvir) peut atteindre 41.000 euros pour douze semaines de traitement tandis que le Harvoni (sofosbuvir et ledispavir) du laboratoire Gilead coûte 46.000 euros. Jusqu'ici sur les 500.000 personnes atteintes d'hépatite C en France, seules 30.000 ont pu y avoir accès. Les autres n'avaient d'autres choix que d'attendre l'aggravation de leur maladie ou de se tourner vers des traitements à leurs frais à l'étranger, sans rien savoir de leur qualité. D'après les associations, citées par Pourquoi Docteur, "de nombreux acteurs proposent actuellement des médicaments génériques aux malades, aux professionnels de santé, aux associations. Le coût d’un traitement de 12 semaines contre l’hépatite C est ainsi accessible pour un premier prix de 550 €". Ainsi, face au rationnement, "des malades sont suivis en France avec des traitements génériques achetés sur un marché parallèle", et ce, alors que "l’importation de médicaments à titre individuel est encadrée par la législation et pose des problématiques de contrefaçon potentielle et d’inégalité d’accès", dénoncent les associations, appelant l'Etat à "importer ou faire produire des traitements génériques en France". Car le gouvernement a tous les outils légaux pour ce faire, assurent-elles, citant le mécanisme de la licence d'office. Toujours pas actionné par l'Etat français, ce levier prévu dans le code de la propriété intellectuelle français permettrait de produire un générique du Sofosbuvir, explique Pourquoi Docteur.

Pour, le Huffington Post, ces défaillances sont révélatrices des "insuffisances et dysfonctionnement de notre système de santé". "Il faut comprendre le mécanisme à l'œuvre du côté des lobbys qui organisent la fixation des prix en fonction des ressources supposées de chaque pays", explique au site d'informations le médecin Martial Olivier-Koehret, président de l'association Soins Coordonnés.  Pour lui, les "lobbys parient sur l'injustice de laisser des malades de côté et sur l'émotion que cela suscite pour obliger les autorités sanitaires à céder et accepter le prix imposé". "Voilà un mécanisme de fixation des prix particulièrement peu glorieux et pour le moins insatisfaisant. Sauf à accepter que les fabricants décident des prix de leurs produits du remboursement par la sécurité sociale et l'adaptent aux capacités financières de chaque pays, en particulier à l'heure de la mondialisation, les différences de prix entre la France et d'autres pays sont aussi inexplicables qu'inacceptables", s'insurge-t-il.  Pour remédier à cela, Marisol Touraine a demandé au président du Comité économique des produits de santé (CEPS) de "mener de nouvelles négociations avec les industriels". A suivre... 

 

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Le prix du Sovaldi (sofosbuvir) peut atteindre 41.000 euros pour douze semaines de traitement.

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