Karine Lacombe sera devant un juge pour diffamation et dénigrement envers l'IHU

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Karine Lacombe sera devant un juge pour diffamation et dénigrement envers l'IHU

Publié le 08/09/2021 à 13:30
© Anne-Christine POUJOULAT / AFP/Archives
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Auteur(s): FranceSoir
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Une conférence de presse s'est tenue hier à Paris à l'hôtel Castille, rue Cambon, avec notamment le Dr Marty et le Pr Lacombe, afin de dénonçer les "violences" et "menaces" envers certains médecins qui ont pris une place médiatique importante dans les grands médias depuis maintenant 18 mois.

FranceSoir avait demandé à assister à l'événement, puisque ses organisateurs entendaient entre autres dénoncer une tribune publiée sur le panorama et la gestion catastrophique de la crise. Une tribune suivie d'un éditorial de mise au point, dans lequel nous avions formulé cette demande.

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Demande qui n'a pas été acceptée, selon une conception toute particulière du débat public. Nous avions notamment des questions pour la professeure Lacombe qui était un des intervenants. Était-ce une volonté de n'avoir que des questions autorisées ? Ces questions lui ont donc été envoyées par la suite par courriel, sans réponse à cette heure.

Lors de la conférence, Karine Lacombe, qui par ses prises de position s'est retrouvée depuis plus d'un an au coeur de la controverse scientifico-médiatique, et qui a été la cible d'attaques comprenant ici des reproches fondés, là des attaques personnelles malvenues, s'est levée à plusieurs reprises pour dénoncer la violence subie, et répondre aux questions.

Cependant à aucun moment, elle n'a fait mention pour l’auditoire et les journalistes présents qu’elle faisait elle-même l’objet d’une plainte de l'IHU. En effet, l'infectiologue de l’AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) a été entendue dans le cadre de la plainte déposée par l’IHU Méditerranée-Infections du Pr Raoult pour diffamation.

Rappelons que Karine Lacombe avait notamment accusé le professeur Raoult de donner aux Français « un faux espoir de guérison » et d’être « en-dehors de toute démarche éthique ». Elle a par ailleurs affirmé que des actions en justice étaient en cours à l'encontre du professeur Raoult, pour faux témoignage devant une commission d'enquête parlementaire. D'autres déclarations dépréciatives à l'encontre de l'IHU, hasardeuses pour certaines, auraient pu être ciblées, mais il semble que ce soit pour cette dernière que la cheffe de service de l'hôpital Saint-Antoine soit mise en cause.

Une information judiciaire était donc ouverte, et une source proche du dossier nous informe que c'est désormais une audience de calendrier devant le tribunal correctionnel qui est prévue la semaine prochaine. Madame Lacombe sera donc renvoyée devant un tribunal correctionnel, devant un juge, en personne ou représentée par son avocat, et le procès pourrait permettre de faire la lumière sur ses véritables motivations. La question des liens d’intérêts sera certainement évoquée : elle a reçu plus de 212 000 euros de divers laboratoires au cours des dernières années.

Pendant la crise covid, Madame Lacombe s’est élevée contre l’hydroxychloroquine, mais a décrit le remdesivir comme "prometteur", à utiliser "au sein d'un arsenal thérapeutique", alors qu'il s'est avéré un traitement fortement toxique et inefficace.

Elle a également pris parti pour d’autres traitements comme le plasma de convalescents, dans une étude non-concluante, promu le molnupiravir, traitement du laboratoire Merck, fort coûteux et mutagène, dont l’efficacité reste à prouver, ou encore partagé des études douteuses sur le bamlavinimab (un anticorps monoclonal). Récemment encore, elle partageait des données de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) dont l'interprétation douteuse (concluant à une efficacité prodigieuse du vaccin) lui a valu une volée de bois vert, y compris de scientifiques partageant plusieurs de ses positions, comme Dominique Costagliola, qui a déploré qu'on puisse mettre en avant des raisonnements aussi biaisés.

La parole de Madame Lacombe est-elle objective ? Quand on revendique défendre la pensée scientifique, il est curieux de ne pas faire preuve de transparence lors d'une conférence de presse qui fustige les débordements liés à des controverses qui sortent du champ scientifique. N'aurait-il pas été pertinent de mentionner que, bien que la présomption d'innocence prévale, elle était elle-même sous le coup d'une procédure pour des propos ayant dépassé ce champ ?

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La Pr Karine Lacombe, cheffe de service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine à Paris, le 10 novembre 2020

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