COVID 19 - Les désaccords sur l'utilisation des masques divisent dans le monde. Quel pays a raison et quel pays se trompe?

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COVID 19 - Les désaccords sur l'utilisation des masques divisent dans le monde. Quel pays a raison et quel pays se trompe?

Publié le 19/02/2021 à 13:52 - Mise à jour à 13:59
FRED DUFOUR / AFP
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Auteur(s): FranceSoir
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Les désaccords sur l'utilisation des masques divisent dans le monde. Masques "égoïstes", en tissu, double masque… Quel pays a raison et quel pays se trompe?

Les pays adoptent des mesures pour limiter la propagation du COVID 19, mais ils le font tous différemment. De nombreux français, qui partent en Espagne pour les vacances, se retrouvent par exemple dans un pays avec des restaurants et musées ouverts. Ils n’ont d’ailleurs jamais fermé depuis la fin du premier confinement. Idem pour les mesures en matière de masques: certains pays recommandent uniquement l’utilisation d'un masque chirurgical, tandis que d’autres comme la France ont abandonné l’idée d’interdire les masques fait maison. D’autres pays recommandent d'utiliser deux masques pour renforcer la protection. Pourquoi ces différences? Comment savoir qui a raison, et qui a tort?

Certains pays imposent le port de masques de qualité médicale en collectivité

Dans certains pays, les masques confectionnés avec des bouts de tissu recyclés font partie du passé.  Alors que de plus en plus de variants du virus commençaient à se répandre en Europe, certains pays, dont l'Allemagne, l'Autriche , ont resserré les règles, rendant dans certains cas les masques FFP2 (souvent appelés masques N95 aux États-Unis et KN95 en Asie) obligatoires, dans les zones plus densément peuplées.  
L'État allemand de Bavière a même demandé en janvier que les masques de protection FFP2  ou masques chirurgicaux soient obligatoirement portés à l'échelle nationale ou dans les transports en commun. Le 25 janvier, l'Autriche a appliqué une mesure similaire.
La France, quant à elle, reste souple recommandant de ne pas porter certains masques faits maison qui ne répondent pas à certaines normes. 

Le masque FFP2, un masque égoïste pour les espagnols

En Espagne les masques FFP2  sont appelés “les masques égoïstes" et pendant plusieurs mois, ils ont même été interdits . Le directeur du Centre de Coordination des Alertes et Urgences Sanitaires (CCAES), Fernando Simón, a finalement reconnu ce lundi 15 février, que les masques FFP2 , qui ont la réputation d’être “anti-solidaires”, car ils protègeraient celui qui les porte mais pas les autres, ont en réalité un niveau de protection plus élevé que celui des masques chirurgicaux, pour le porteur mais aussi les gens à proximité.
Ce changement de position en Espagne au sujet des masques FFP2 a lieu à un moment où l'efficacité de ce type de masque est reconnue internationalement. «Alors que les masques en tissu, ou masques chirurgicaux bleus et blancs, vous empêchent d'expirer des virus infectieux sur d'autres personnes, les masques FFP2 sont également conçus pour protéger le porteur de l'inhalation de virus infectieux disséminés dans les aérosols provenant d'individus infectés», explique Lawrence Young, professeur d'oncologie moléculaire à la Warwick Medical School.
Alors, recommandables ou pas recommandables? Maria Van Kerkhove, responsable technique de l’OMS pour le COVID-19, a déclaré que les preuves scientifiques sur les masques en collectivité sont “limitées et incohérentes” et justifient de ne pas recommander des masques de qualité supérieure.

Aux Etats Unis : le double masquage comme solution

Une étude récente du Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis a révélé que le soi-disant double masquage - en portant un masque en tissu sur un masque chirurgical - contribue également de manière significative à réduire l'exposition au coronavirus. "Le simple fait de rajouter un deuxième masque, c'est une deuxième couche qui fait en sorte que votre capacité filtrante est encore plus élevée, vous retenez mieux les gouttelettes et la possibilité que vous puissiez contaminer, infecter une personne à proximité est réduite",  a déclaré le docteur Fauci à Radio Canada. Cependant, cette pratique suscite peu d’intérêt en France: "Il n'est pas recommandé de porter deux masques superposés, même dans le contexte de la diffusion de nouvelles variantes" rappelle en effet le Haut Conseil de la Santé Publique dans son avis complémentaire des 18 et 20 janvier 2021.    L’Afnor considère aussi que le double masque est une fausse bonne idée , car cela augmente les risques de contamination. On a déjà des difficultésà bien manipuler un masque, alors avec deux, on augmente la complexité.

Les essais cliniques sur le port du masque ne sont pas possibles pendant une pandémie

Selon un artucle de Politico.eu il est difficile de résoudre la question de l'efficacité des masques, car on ne peut pas réaliser d’essais cliniques sur le port du masque pendant une pandémie. Il ne serait pas éthique de faire porter des masques à un groupe et de demander à l'autre de s'en passer, s'il existe un potentiel risque d'augmentation de la transmission d'un virus mortel.
Aujourd’hui les recherches sont basées sur des études observationnelles fondées sur des expériences de laboratoire. Pour certains scientifiques, les essais contrôlés randomisés ne sont pas suffisants. Julian Tang, virologue consultant à la Leicester Royal Infirmary et professeur associé honoraire au département de l'Université de Leicester en sciences respiratoires explique que  pour ces scientifiques “ les preuves de laboratoire ne sont pas vraiment des preuves”.
L'Association des écoles de santé publique de la région européenne (ASPHER) n'accorde pas beaucoup de poids non plus à l'ensemble des travaux de laboratoire. Elle estime que les nouvelles directives sur les masques ne sont pas basées sur des preuves, soulignant que les études de laboratoire ne se sont pas spécifiquement concentrées sur le risque d'infection.

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Maria Van Kerkhove, responsable technique de l’OMS pour le COVID-19, a déclaré que les preuves scientifiques sur les masques en collectivité sont “limitées et incohérentes”

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