Vaccin contre la dengue : l'histoire peut-elle se répéter ?

  •  Vous appréciez FranceSoir, soutenez son indépendance, faites un don !

Vaccin contre la dengue : l'histoire peut-elle se répéter ?

Publié le 30/08/2021 à 20:37
Thinkstock
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): FranceSoir
-A +A

« C’est avoir tort que d’avoir raison trop tôt » écrivait Marguerite Yourcenar dans Mémoires d’Hadrien. Avoir raison trop tôt, c’est ce qui est arrivé au docteur Scott Halstead, de Washington, lorsqu’il a dénoncé la dangerosité du vaccin Dengvaxia développé par Sanofi contre la dengue.

La dengue est une maladie transmise par le moustique Aedes azgypti, moustique également transmetteur de la fièvre jaune, du chikungunya et du zika. La première observation de la dengue à Bangkok date de 1964. Cette maladie avait la particularité de se présenter sous une forme bégnine au départ. Mais dans certains cas, on pouvait observer un phénomène d’aggravation quelques jours après le début de l’infection virale. Cette forme sévère de la maladie a été baptisée dengue à fièvre hémorragique (DHF). Son taux de létalité de 2,5 % pouvait monter jusqu’à 20 % pour les cas de dengue hémorragique.

Après 20 ans de recherche et beaucoup d’argent investi, le laboratoire Sanofi publie en 2015 un article dans le prestigieux New England Journal of Medecine qui porte sur 30 000 enfants et démontre l’efficacité d’un nouveau vaccin contre la dengue. Le docteur Scott Halstead, qui a étudié la dengue pendant plus de 50 ans avec l’armée américaine, examine les données de sécurité du vaccin dans le cadre de l’essai clinique et note immédiatement un certain nombre de problèmes. Il écrit à six revues internationales pour alerter de la dangerosité du vaccin, mais n’est pas entendu.

Cependant, 16 mois après l’avis favorable de l’OMS et le lancement de la vaccination, Sanofi reconnaît officiellement que les doutes du docteur Scott Halstead sont confirmés. Ce vaccin ne présente pas de risque pour ceux qui ont déjà contracté le virus de la dengue, mais il existe un risque hémorragique accru par la vaccination pour ceux qui n’ont pas eu d’infection avant.

Comment expliquer ce risque accru par la vaccination ?

Lors de certaines infections, la présence d’une immunité préexistante à l’infection qu’elle soit d’origine naturelle ou vaccinale, peut dans certains cas favoriser des formes graves en cas de nouvelle infection notamment par un nouveau sérotype ; il en existe quatre pour la dengue.

Pour comprendre ce phénomène biologique, il est important de savoir que lorsqu’il y a une infection ou une vaccination, plusieurs sortes d’anticorps se développent.
Il y a les anticorps neutralisants qui combattent le virus. Il y a également les anticorps baptisés facilitants qui favorisent l’infection des cellules par le virus. Or le phénomène dit « d’anticorps facilitants » existe avec le virus de la dengue. Et un antécédent d’infection par l’un des quatre sérotypes du virus de la dengue expose à un risque plus élevé de dengue grave en cas d’infection ultérieure par l’un des trois autres sérotypes. Par là, on comprend que le risque de faire une forme plus grave existe également pour les personnes vaccinées qui n’ont jamais été infectées auparavant.

En revanche, ce risque n’a pas été décrit pour les personnes vaccinées après avoir fait une infection.

Hélas, malgré les mises en garde, le docteur Scott Halstead n’a pas pu éviter la catastrophe. 830 000 enfants ont été vaccinés, dont 100 000 qui n’avaient jamais contracté le virus auparavant. Aux Philippines, un des pays qui a vacciné le plus d’enfants, on a notamment déploré le décès de 600 enfants dont les différentes autopsies pratiquées ont permis de certifier le lien avec la vaccination - lien de causalité contesté par Sanofi, contre qui le gouvernement des Philippines a engagé des poursuites en 2019, pour "négligence grave ayant entraîné la mort".

Plusieurs biologistes et médecins, dont le docteur Louis Fouché, ont rappelé cet échec vaccinal contre le virus de la dengue pour alerter sur les risques possible d’une vaccination contre le Sars-Cov-2 en population générale avec un produit sur lequel il y a très peu de recul.

On aurait pu espérer des discussions et des confrontations scientifiques fructueuses. Hélas, il n’en a rien été. Le débat n’a pas eu lieu et nous avons assisté à un tombereau d’insultes contre ceux qui osaient mettre en doute le dogme vaccinal. Et tandis qu’on constate l’augmentation du nombre de cas de Sars-Cov-2 chez les vaccinés notamment en Israël, en Islande, au Royaume-Uni ou aux États-Unis, on peut se remémorer ces mots du philosophe Hegel dans Leçons sur la philosophie de l’histoire : « De l’histoire, nous apprenons que nous n’en apprenons rien. »

Pour aller plus loin :
Facilitation par les anticorps : la Dengue et le Dengvaxia
Antibody-dependent enhancement of severe dengue disease in humans
Insights from direct studies on human dengue infections

Auteur(s): FranceSoir

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Une histoire de dengue

Newsletter


Fil d'actualités Société




Commentaires

-