Maladie de Lyme: la Haute autorité de santé a "cédé au chantage"

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Maladie de Lyme: la Haute autorité de santé a "cédé au chantage"

Publié le 04/07/2018 à 12:23 - Mise à jour à 13:01
© BERTRAND GUAY / AFP/Archives
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Auteur(s): La rédaction de France-Soir

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L'Académie de médecine a dénoncé mardi le choix de la Haute autorité de santé (HAS) de reconnaître un "syndrome persistant polymorphe après piqûre de tique" afin de répondre aux patients chez qui la maladie de Lyme est simplement soupçonnée. L'Académie dénonce une volonté de satisfaire les associations de malades au mépris des données scientifiques.

Alors que la maladie de Lyme, transmise par les tiques, est l'objet d'une importante controverse quant à l'identification des symptômes, au diagnostic et au traitement, la Haute autorité de Santé a souhaité répondre notamment aux associations de malades en reconnaissant l'existence de symptômes "persistants et non expliqués" et en édictant de bonnes pratiques.

Une décision dénoncée mardi 3 par l'Académie de médecine pour qui cette position répond au "chantage de groupes de pression" sans se baser sur une réalité scientifique.

"Loin de clarifier la situation, l’HAS voulant contenter tout le monde ne satisfait personne. Elle maintient l’ambiguïté, en particulier sur la notion de Lyme chronique (dont l'existence n'est pas reconnue par les autorités médicales, NDLR), à travers ce qu’elle dénomme «symptomatologie / syndrome persistant(e) polymorphe après piqûre de tique ou SPPT». L’HAS reconnaît de fait implicitement l’existence d’une telle pathologie sans la moindre preuve avec, pour conséquence, des propositions de prise en charge lourde impliquant des investigations nombreuses, coûteuses et souvent inutiles", peut-on lire dans ce communiqué.

Voir: Maladie de Lyme - les symptômes inexpliqués doivent être pris en charge

La maladie de Lyme peut se manifester par de nombreux symptômes (manifestations dermatologiques, neurologiques, articulaires et plus rarement cardiaques ou ophtalmiques) et son diagnostic est complexe. De nombreux patients qui s'en disent atteints dénoncent donc une forme d'abandon de la part du corps médical. L'HAS souhaitait mettre en place une réponse pour les malades avérés comme pour ceux chez qui la contamination est suspectée mais encore incertaine.

En plus de critiquer ce choix de mettre en place des traitements sans preuve formelle, l'Académie de médecine met également une nouvelle fois en garde contre les affirmations qui peuvent être présentées par certains comme des vérités dans un débat aussi vif. Elle dénonce ainsi "les dérives et les tromperies concernant la maladie de Lyme" ou "des assertions empiriques dénuées de toute base scientifique comme l’existence de la maladie de Lyme chronique, l’attribution de nombreux symptômes polymorphes mal définis et subjectifs à cette infection, l’efficacité revendiquée de traitements prolongés associant des antibiotiques et divers médicaments".

La bactérie qui transmet la maladie est présente dans l'intestin des tiques et est transmise à l'homme par sa salive lorsqu'elle s'accroche pour boire son sang. Cet acarien est notamment actif d'avril à novembre. En cas de morsure, il convient donc de le retirer totalement avec un tire-tiques puis de soigneusement désinfecter la zone. La méthode consistant à l'endormir à l'éther avant d'utiliser une pince à épiler est contre-indiquée. L'ether provoque en effet un réflexe de régurgitation chez la tique qui peut favoriser l'infection.

Auteur(s): La rédaction de France-Soir


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"Loin de clarifier la situation, l’HAS voulant contenter tout le monde ne satisfait personne", selon l'Académie de médecine.

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