"Scroller" sur son smartphone jusqu'à épuisement, une pratique nocive et addictive

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FranceSoir
Publié le 16 novembre 2021 - 11:42
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Amoureuse et productrice, un jeu chinois de simulation de vie pour smartphone, a déjà été téléchargé plus de 10 millions de fois depuis son lancement en décembre
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© GREG BAKER / AFP/Archives
Scroller jusqu'à épuisement, une pratique de plus en plus répandue et nocive.
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Le "doomscrolling" menace-t-il notre bien-être ? Si vous êtes, comme un nombre croissant d’entre nous, accros à votre téléphone portable, vous avez peut-être cette fâcheuse habitude qui consiste à faire défiler fils d’actu et réseaux sociaux sur votre smartphone… jusqu’à l’épuisement. Mauvaise nouvelle : cette pratique est délétère pour notre santé mentale et s’apparente à une addiction.

Souffrez-vous de "doomscrolling" ? Ce néologisme venu d’Outre-Atlantique est la contraction de « doom » qui signifie « malédiction » ou « destin tragique », et de « scrolling », faire défiler. Il évoque ce qui s’apparente chez certains à un toc et consiste à faire défiler pendant des dizaines de minutes, voire des heures entières, ses fils d’actualité et autres réseaux sociaux (Instagram, Facebook), sans savoir s'arrêter.

Car cette fâcheuse habitude aussi chronophage qu’anxiogène vient perturber nos journées, mais surtout nos nuits. 70 % des ados américains consultent leur téléphone 30 mn avant de dormir, 40 % d’entre eux le font cinq minutes avant de fermer les yeux et 5 % d’entre eux déclarent même se réveiller la nuit pour consulter leur smartphone.

Pour ces adolescents, et de plus en plus d’adultes, c’est bien dans notre lit (avant d’éteindre la lumière et souvent à la place de prendre un livre) que cette habitude du "scrolling" surgit.

L’irrésistible besoin de faire défiler nos "feeds" prend le dessus sur notre bonne volonté (de bouquiner, de s’endormir de bonne heure) et entraîne les effets néfastes que l’on connaît : la qualité de notre sommeil est perturbée, notamment en raison de l’impact de la lumière bleue sur les récepteurs de la rétine. Ainsi, même lorsque nous sommes confortablement allongés dans notre lit, notre cerveau se met en mode « jour » : la production de la mélatonine, la fameuse hormone du stress, est stoppée, retardant l’endormissement et nuisant à la qualité du sommeil.

Lire aussi : Comment repérer une éventuelle addiction aux écrans ?

Actu anxiogène et réseaux sociaux nocifs pour l’estime de soi

Au-delà de cet aspect facilement mesurable, le "doomscrolling" est également suspecté d’augmenter notre niveau d’anxiété.

Car soyons honnête, c’est rarement pour lire des informations positives, rassurantes et à grande valeur ajoutée que nous scrollons jusqu’à ce que notre smartphone soit totalement déchargé ou que nos yeux se ferment malgré nous.

Accros aux actus le plus souvent anxiogènes, nous sommes aussi de plus en plus nombreux à faire défiler la vie des autres sur Facebook ou Instagram. À la clé là aussi : de l’angoisse. Celle de ne pas être à la hauteur. Car objectivement, vous n’êtes pas (et ne serez jamais) aussi beau, riche ou drôle que cet influenceur automobile qui passe sa vie entre Dubaï et Courchevel, testant les plus beaux modèles de SUV.

Vous ne serez jamais non plus aussi belle, écolo et héroïque que cette mère de quatre enfants, entrepreneure hyper-épanouie qui se photographie au réveil, fraîche comme la rosée, dans un intérieur parfaitement décoré et ordonné.

Vous avez beau savoir que ce qu’ils montrent n’est pas la vraie vie, et même si leur vie est par certains aspects inspirante, vous ne pouvez l’ignorer : Instagram, notamment, nuit à l’estime de soi, notamment chez les ados et les jeunes adultes.

Une dernière mauvaise nouvelle pour la route ? Le "doomscrolling" s'apparente à une addiction. Si vous vous surprenez donc à lire cet article depuis le fond de votre lit, il est l'heure d'éteindre votre smartphone, de prendre un bon bouquin. Et, de trouver, pour les soirées à venir, un rituel plus sain pour votre corps et votre mental !

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