Toulouse: pour la première fois en Europe, des enfants opérés à coeur fermé grâce à la 3D

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La rédaction de FranceSoir.fr
Publié le 07 décembre 2015 - 15:16
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©Jean-Sébastien Evrard/AFP
Le système "EchoNavigator" a pour objectif d'éviter l'opération à cœur ouvert pour les enfants victimes de malformations.
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Visualiser le coeur en 3D grâce à un logiciel et opérer par microchirurgie en passant par une veine, sans ouvrir le thorax: c'est une nouvelle technique, inédite en Europe, que viennent d'utiliser des chirurgiens de Toulouse pour opérer trois enfants à coeur fermé.

Trois enfants ont été opérés récemment en France avec succès à cœur fermé, une première en Europe, grâce à l'utilisation d'"EchoNavigator", un nouveau logiciel de visualisation en 3D, ont annoncé les responsables du pôle enfants de l'hôpital de Toulouse.

Ce système de navigation en 3D est déjà utilisé dans un hôpital de Créteil, en région parisienne, et dans quelques hôpitaux européens mais seulement pour "les adultes et pour d'autres indications", a précisé à l'AFP Philippe Acar, cardiologue et pédiatre, confirmant une information du quotidien Le Parisien dimanche.

Ce système a pour objectif de faciliter les opérations par voie percutanée, c'est-à-dire en passant par une veine et par conséquent d'éviter l'opération à cœur ouvert pour les enfants victimes de malformations.

Le logiciel, mis au point avec Philips, permet d'afficher sur le même écran et en 3D l’échographie du cœur de l'enfant et les rayons X au moment où les médecins introduisent la sonde avec laquelle ils procèdent à la réparation des malformations cardiaques, a expliqué le professeur Acar, qui pilote le projet de recherche clinique.

Cette nouvelle technologie testée à Toulouse s'intègre dans un projet européen, a précisé le cardialogue. Une quarantaine d'enfants devraient bénéficier d'une opération avec l'aide de ce logiciel dans les deux ans à venir, avant que le procédé soit étendu à tous les hôpitaux.

"Il faut démontrer qu'il apporte une véritable aide aux chirurgiens", a expliqué le Professeur Acar.

Nellie, 5 ans, a été la première fillette à bénéficier de cette nouvelle technique début novembre. Elle souffrait d'un trou intraventriculaire, très délicat à opérer en chirurgie classique. "Et ce système nous a vraiment aidés", a souligné le Pr Acar.

Un garçonnet de 6 ans a ensuite subi la même intervention. Enfin une petite fille de 9 ans a elle été opérée pour un problème de communication entre ses oreillettes cardiaques. "Il n'y a que 72 heures d'hospitalisation et l'enfant sort sans cicatrice", a souligné le professeur.