Variole du singe: vers un retour des restrictions sanitaires et de la vaccination généralisée ?

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FranceSoir
Publié le 24 mai 2022 - 21:27
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Vers un retour des restrictions sanitaires ?
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Verrons-nous un retour des restrictions sanitaires et une généralisation de la vaccination contre la variole du singe dans les prochains mois ?

Même si le nombre de cas reste infinitésimal, les États-Unis prévoient déjà de vacciner les personnes ayant été en contact proche avec des patients atteints de cette maladie normalement cantonnée au continent africain. Le pays recense aujourd'hui cinq cas probables ou confirmés, mais il se prépare à voir ce chiffre s’accroitre, rapporte Le Figaro.

Idem pour l'Espagne, qui a indiqué jeudi préparer l'achat de milliers de vaccins antivarioliques. Quant à la Belgique, elle se réengage sur la voie des restrictions sanitaires, ayant décidé de mettre en place des périodes d'isolement obligatoires de 21 jours pour toutes les personnes infectées. Enfin, en France, les autorités sanitaires françaises préconisent l'injection du vaccin contre la variole classique aux adultes dont « le contact est considéré comme à risque » avec une personne infectée. Invitée sur RTL ce mercredi 25 mai, Brigitte Bourguignon s'est montrée favorable à une vaccination des soignants et des cas contacts.

Le taux de létalité de la variole du singe est en général établi entre 1% et 10%, selon un communiqué de l'Organisation mondiale de la Santé. Un discours à rebours de celui tenu par le Dr Peter McCullough, qui rapporte : « Un article de 2019 de Simpson et al. résume 40 ans de données sur la variole du singe, une zoonose dont les personnes âgées de 50 ans et plus sont en général protégées. Les cas concernent surtout des jeunes hommes, avec une mortalité faible sauf chez les personnes ayant un VIH avancé. »

Même son de cloche chez le Dr Robert Malone qui écrit dans un article sur Substack « [La variole du singe] n'a pas un taux de mortalité élevé. À moins qu'il n'y ait eu une altération génétique, soit par évolution, soit par manipulation génétique intentionnelle, il ne s'agit pas d'une menace biologique importante et n'a jamais été considéré comme un agent pathogène à haut risque par le passé. Alors arrêtez le discours de peur, la mésinformation et la désinformation ».

Une tonalité de discours auquel ne compte visiblement pas se tenir le président des Etats-Unis, Joe Biden, qui a déclaré lundi que la variole du singe, « c'est quelque chose dont tout le monde devrait s'inquiéter ».

« Nous souhaitons maximiser la distribution de vaccins »

Les États-Unis ont l'intention de vacciner les cas contacts. « Nous souhaitons maximiser la distribution de vaccins à ceux dont nous savons qu'ils en bénéficieraient », a déclaré lundi Jennifer McQuiston, responsable au sein des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).

« C'est-à-dire ceux ayant été en contact avec un patient connu de la variole du singe, comme les soignants, les contacts personnels très proches, particulièrement ceux à risque de développer un cas grave de la maladie », a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse.

Un cas a été confirmé dans le Massachusetts et quatre autres sont sur le point d'être analysés mais considérés comme très probables (un à New York, un en Floride, deux dans l'Utah). Tous sont des hommes ayant voyagé hors des États-Unis.

Après les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Espagne, le Portugal, la Suède, l'Italie et le Canada, cinq cas sont désormais confirmés en France, rapporte France info.

Un risque de contagion accru par les rapports sexuels ?

En Europe, on se veut plus rassurant. Le risque de contagion de la variole du singe est « très faible », dans la population en général, a fait savoir lundi l'agence de l'Union européenne chargée des maladies, relate BFMTV. En revanche, elle souligne qu'il est « élevé » chez les personnes ayant plusieurs partenaires sexuels.

« Pour la population en général, la probabilité de contagion est très faible », indique le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) dans sa première évaluation des risques depuis l'apparition inhabituelle de dizaines de cas en Europe et en Amérique du Nord.

« Toutefois, la probabilité de transmission du virus en cas de contact proche, par exemple durant des rapports sexuels avec des personnes ayant plusieurs partenaires, est considéré comme élevé », note l'agence.

Deux vaccins possibles

Aux Etats-Unis, deux vaccins contre la variole sont autorisés par l'Agence des médicaments (FDA) et peuvent être utilisés. Le premier, ACAM2000, est un vaccin vivant atténué, déconseillé aux personnes immunodéprimées. Les États-Unis en possèdent 100 millions de doses.

À cause d'effets secondaires « potentiellement significatifs », sa distribution à grande échelle nécessiterait « une vraie discussion », a annoncé Jennifer McQuiston.

Le second, Jynneos, est aussi un vaccin vivant mais non réplicatif, et donc jugé plus sûr. Les États-Unis n'en ont que 1 000 doses, mais ce nombre devrait « augmenter rapidement dans les prochaines semaines », selon la responsable.

En France, la vaccination contre la variole a été définitivement levée en 1984. Dans un avis rendu ce mardi après-midi, la Haute Autorité de santé (HAS) « recommande la mise en œuvre d’une stratégie vaccinale réactive, c’est-à-dire autour d’un cas confirmé ». Elle préconise la vaccination des « adultes dont le contact avec une personne infectée est considéré comme à risque, y compris les professionnels de santé exposés sans mesure de protection individuelle ». La HAS ajoute que « cette vaccination doit être effectuée uniquement avec le vaccin de troisième génération ».

De son côté, l'Espagne a annoncé jeudi préparer l'achat de milliers de vaccins antivarioliques, normalement destinés à lutter contre la variole. « Nous devons trouver un moyen pour acheter rapidement ces vaccins car c'est un outil très précieux pour arrêter l'épidémie », a commenté auprès du quotidien madrilène El Pais Elena Andradas, la directrice générale de la santé publique de la communauté de Madrid.

Vers un retour des restrictions sanitaires ?

En Belgique, en réponse aux contaminations à la variole du singe, les autorités ont décidé d'instaurer des périodes d'isolement obligatoires de 21 jours pour toutes les personnes infectées. Une décision que d'autres pays européens pourraient adopter, rapporte Midi Libre.

La variole du singe se traduit d'abord par une forte fièvre et évolue rapidement en éruption cutanée, avec la formation de croutes, notamment sur le visage. L'ECDC recommande l'isolement de tous les cas jusqu'à ce que les lésions provoquées par la maladie « soient complètement guéries ».

Sans surprise, par ces effets annonces autour de l'arrivée de la variole du singe, d'aucuns, à l'instar du président des Patriotes Florian Philippot, y voient un probable retour d'une mise en scène similaire à celle tenue par médias grand public et politiques au cours de la crise du Covid-19, qui viserait à justifier notamment le retour de restrictions de libertés comme le passe sanitaire et le confinement. Une déclaration qui a suscité l'ire du Dr Laurent Alexandre.

André Bercoff n’a pas manqué de railler lui aussi l’effervescence médiatique autour des annonces de cette maladie : « Les labos peuvent être contents, les médecins de plateaux peuvent être contents, Ursula peut être très contente. Ça va continuer. Préparez-vous pour un demi-siècle de variants, de virus et heureusement de piqûres. »

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