Virus Zika: pas de psychose aux Antilles et en Guyane

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Virus Zika: pas de psychose aux Antilles et en Guyane

Publié le 30/01/2016 à 11:22 - Mise à jour à 11:28
©Ali Pourshariati/Flickr
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Touchés par l'épidémie de Zika, les Antilles et la Guyane s'arment pour lutter contre ce virus transmis par les moustiques mais refusent de céder à la psychose et incitent les touristes à continuer à venir.

Après l'annonce jeudi 28 janvier par l'OMS d'une propagation "explosive" du virus, la ministre de la Santé Marisol Touraine a provoqué l'émoi en recommandant "fortement" aux femmes enceintes de différer d'éventuels voyages dans ces départements français d'Amérique (DFA), s'appuyant sur les recommandations du Haut Conseil de la santé publique.

La Martinique et la Guyane sont au stade épidémique, avec respectivement 102 et 45 cas confirmés. Un cas a aussi été confirmé en Guadeloupe, et un autre à Saint-Martin.

Une épidémie moindre qu'au Brésil (1,5 million de cas), même si les agences régionales de santé (ARS) des trois départements comptabilisent aussi de nombreux cas "suspects" et rappellent que "les chiffres sont certainement très sous-évalués, car 80% des patients ne présentent aucun symptôme", selon l'ARS de Guyane.

L'infection par le Zika, qui se transmet comme le chikungunya ou la dengue, par une piqûre de moustique, se manifeste le plus souvent par des symptômes de type grippal. Mais il présente surtout un risque pour les femmes enceintes, pouvant être à l'origine de malformations congénitales pour leur bébé.

Pour Serge Letchimy, député de Martinique (DVG), "l'enjeu c'est de travailler à l'éradication du Zika", et non de distinguer les "femmes touristes enceintes de l'hexagone de celles qui vivent dans ces territoires".

Dénonçant dans les propos de la ministre "une vision discriminatoire des Outre-mer", le conseiller exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique Francis Carole (REG), a demandé de ne pas "alimenter une panique qui n'a aucune raison d'être".

"Il faut être prudent, mais à mon sens une femme (enceinte) qui met du produit anti-moustique, qui dort avec une moustiquaire ou avec une clim' fraîche, elle a un risque très limité", a relativisé vendredi George Pau-Langevin, jugeant non nécessaire les "solutions aussi drastiques" consistant à dire "+n'allez pas dans les Antilles-Guyane+".

Une tentative pour rassurer également les professionnels du tourisme inquiets, alors que la compagnie Corsair vient d'autoriser les femmes enceintes à annuler ou reporter sans frais leurs déplacements en Guadeloupe et Martinique.

"Des gens nous interrogent. Il s'agit de groupes qu'on doit rassurer car même si le non-déplacement en Guyane a été suggéré pour les femmes enceintes, les autres personnes s'inquiètent aussi", souligne Jean-Louis Antoine, président de la Fédération des professionnels du tourisme de Guyane.

Il faut "une juste information", a réclamé Jean-Pierre Philibert, président de la Fédération des entreprises d'outremer (Fedom), souhaitant "qu'on ne rajoute pas une crise sociale et économique à une crise sanitaire relative". Sans nier le risque pour les femmes enceintes, il a souligné que pour le reste de la population, le Zika est "moins invalidant que le chikungunya ou la dengue".

Pour Yan Monplaisir, chef d'entreprise dans le secteur touristique et vi​ce-président de l'Assemblée de Martinique (DVD), la déclaration de Mme Touraine "crée une véritable psychose chez les touristes", et "pénalisera lourdement" la Martinique et la Guyane.

Sur place, des mesures de prévention et de protection ont pourtant été déployées depuis décembre. "Tout ce qui consiste à lutter contre les moustiques est mis en œuvre", comme "éliminer les eaux dormantes", "nettoyer les gouttières" a précisé George Pau-Langevin.

Produits répulsifs, vêtements longs et moustiquaires sont également préconisés. Des messages de prévention sont rappelés aux touristes dans les avions et aux aéroports, renforcés prochainement par des campagnes dans les médias.

Quant aux femmes enceintes, elles doivent faire l'objet d'un "suivi médical renforcé". Un suivi qui reste problématique dans les déserts médicaux de Guyane, où l'accès à un hôpital demande parfois plusieurs heures de route et où "10 à 15% des grossesses ne font l'objet d'aucun suivi", selon l'ARS. La Guyane compte 4 femmes enceintes parmi les "106 cas suspects" recensés.

Pour appuyer le personnel sanitaire, une équipe de l'Établissement de préparation et de réponses aux urgences sanitaires (EPRUS) arrivera en fin de semaine en Martinique et Guyane pour "évaluer les besoins complémentaires à fournir".

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP


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