Les fourmis, pas si travailleuses que ça

Auteur(s)
La rédaction de FranceSoir.fr
Publié le 01 octobre 2015 - 20:15
Image
Fourmis illustration
Crédits
©Matuus Gaal/Flickr
L'oisiveté serait-elle considérée comme une activité comme une autre au sein des fourmilières? (Image d'illustration).
©Matuus Gaal/Flickr
Contrairement au mythe ancestral qui véhicule une image laborieuse de la fourmi, il semblerait en réalité qu'au sein d'une fourmilière, près d'une bête sur deux ne travaille jamais, révèle une récente étude américaine.

Le mythe multiséculaire de la fourmi travailleuse en prend un coup. Selon une étude américaine parue dans la revue scientifique Behavioral Ecology and Sociobiology et repérée par le blog PasseurdeSciences du Monde, les fourmilières ne sont pas uniquement composées de bêtes qui travaillent sans relâche au service de leur communauté. Au contraire, la moitié d'entre elles ne font rien de la journée et pas plus de la nuit.

Pour en arriver à cette conclusion, des biologistes de l'Université d'Arizona ont analysé les activités de cinq colonies de Temnothorax rugatulus, espèce de fourmi originaire d'Amérique du Nord. Afin de distinguer chaque bête de sa voisine, ils ont instauré un code pour chacune d'entre elles: un point de peinture sur la tête, un sur le thorax et deux sur l'abdomen de différentes couleurs.

Puis, sur un total de trois semaines, les chercheurs ont filmé six fois par jour pendant trois jours les faits et gestes des habitantes de chacune des fourmilières dans des habitats spécialement conçus pour l'occasion. Comme dans leur élément naturel, les fourmis disposaient ainsi d'eau, de nourriture et de grains de sable afin de pouvoir construire des murs.

Après avoir visionné leurs enregistrements des dizaines et des dizaines de fois, les scientifiques ont pu constater qu'il existait quatre type de comportements au sein des fourmilières. Conclusion: sur un total de 225 fourmis, 34 sont des puéricultrices chargées de veiller sur les larves, 26 sont des ouvrières travaillant hors du nid et 62 sont polyvalentes. Les 103 autres (soit presque la moitié de l'ensemble des fourmis étudiées) sont "spécialisées dans l'inactivité" et forment un "groupe à part" dans la communauté, souligne l'étude.  

Selon Daniel Charbonneau, l'un de ses deux auteurs, deux hypothèses pourraient expliquer cette oisiveté en continu. Cette dernière pourrait être causée par une absence de communication avec les autres fourmis- les glandeuses ignoreraient tout simplement qu'il y a du pain sur la planche- ou être une conséquence naturelle d'une organisation du travail complexe. Ainsi, comme l'a expliqué Daniel Charbonneau dans le numéro d'octobre du Journal of Bioeconomics, l'oisiveté pourrait en fin de compte être une activité comme autre. 

 

Soutenez l'indépendance deLogo FranceSoir

Faites un don