Transformer la voix des téléopérateurs grâce à une IA pose des problèmes éthiques

Transformer la voix des téléopérateurs grâce à une IA pose des problèmes éthiques

Publié le 16/09/2021 à 18:21 - Mise à jour à 18:22
Unsplash
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): FranceSoir
-A +A

De nombreuses entreprises de télécommunication occidentales ont délocalisé leurs services d’attention au client dans des pays qui parlent la même langue, mais qui se situent dans d’autres zones du monde où les salaires des téléopérateurs sont inférieurs. Parfaitement opérationnels en français ou en anglais, ils parlent souvent avec un accent. Pour “gommer” cette différence, une start-up a développé une technologie capable de transformer les accents. Très pratique pour les entreprises, cela pose des problèmes éthiques, liés au respect des travailleurs délocalisés.

Les accents américain, britannique, espagnol, indien, philippin et australien peuvent être gommés

La start-up en question s’appelle Sanas, et est basée en Californie aux États-Unis. « Sanas rend la communication facile et sans friction, afin que les gens puissent parler en toute confiance et se comprendre, où qu’ils soient et quelle que soit la personne avec laquelle ils essaient de communiquer », explique Maxim Serebryakov, PDG de Sanas. La technologie proposée par Sanas est pratique, mais elle pose la question de la “distorsion identitaire”. Dans un monde où des activistes militent pour la reconnaissance de la diversité et de l'égalité, pourquoi neutraliser les accents ? Les consignes imposées aux employés des call centers sont déjà dénoncées comme humiliantes, avec l’obligation de "franciser" ou “américaniser” leur identité pour pouvoir travailler en tant que service technique délocalisé.

Une technologie utile en dehors du secteur de l’assistance client

La technologie de Sanas ne se limite pas aux Call Centers. De nombreuses autres applications sont envisageables, et par exemple, le magazine Usbek et Rica imagine un scénario de fiction, dans lequel le Premier ministre Jean Castex pourrait se débarrasser comme par magie de son “célèbre accent du Sud-Ouest”, en adoptant un accent “neutre”. Le problème éthique reste entier : la raison d’être de ce type de technologie est l’intolérance envers les accents “différents”. 

Auteur(s): FranceSoir

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




La technologie proposée par Sanas est pratique, mais elle pose la question de la “distorsion identitaire”

Newsletter


Fil d'actualités Société




Commentaires

-