En 2022, l’alerte automatique de survitesse va être obligatoire dans les voitures

En 2022, l’alerte automatique de survitesse va être obligatoire dans les voitures

Publié le 26/11/2021 à 14:36
© JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP/Archives
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Auteur(s): FranceSoir
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Adoptée officiellement le 17 novembre dernier par la Commission européenne, l’alerte automatique de survitesse va être obligatoire dans les voitures à partir de l’année 2022. D’ici juillet prochain, tous les nouveaux véhicules seront équipés d’un AIV, un limiteur de vitesse automatique, capable de s’activer dès le moindre excès de vitesse. L’objectif est d’atteindre la “Vision Zéro” en Europe : réduire le nombre de morts à zéro d’ici 2050, et le faire baisser de 20 à 30 % à court terme. Attention : des spécialistes des droits et libertés craignent que cette technologie soit dangereuse et liberticide.

Comment fonctionne le système d’Adaptation Intelligente de la Vitesse (AIV) ?

Le site spécialisé Autoplus explique que ce système permettra de bloquer l’utilisateur qui s'apprête à dépasser les limites de vitesse de la route empruntée. En collectant directement les informations nécessaires grâce à des caméras pour lire les panneaux ainsi qu’un système de géolocalisation activé en permanence et connecté à un service cartographique, ce système intelligent est capable de savoir mieux que le conducteur quelle est la limite de vitesse à chaque moment. L’AIV pourra faire décélérer la voiture progressivement, soit en réduisant la puissance disponible soit en « durcissant » la course de la pédale d’accélérateur. En parallèle, le conducteur sera alerté avec un signal visuel et sonore ou avec un avertissement vibratoire. Tout cela pour en finir avec l’excès de vitesse sur les routes.

Le conducteur aura toujours la possibilité de dépasser la vitesse exigée

Selon la Commission européenne, le conducteur gardera toujours le dernier mot. Il s'agit de sensibiliser le conducteur et de l’aider à ralentir, mais il pourra toujours ignorer les alertes et détourner l’AIV en appuyant plus fort sur la pédale d’accélérateur. En outre, clarifie la Commission, même si ce système est activé par défaut à chaque démarrage du véhicule, le conducteur peut le désactiver à tout moment.

Un système intelligent de collecte de données qui inquiète des associations

La Ligue de défense des conducteurs craint que ce système, capable de collecter des données de vitesse au volant, ne tombe entre les mains des assureurs. Même anonymisées, les données seraient toujours identifiables et utilisées en cas d’accident. Ainsi, un conducteur qui aurait désactivé son AIV et aurait un accident de la route, pourrait être pénalisé à l’avenir par son assureur, signale Alexandra Legendre, porte-parole de la Ligue de défense des conducteurs. Outre les problèmes liés au respect des données personnelles, l'association remet en cause la fiabilité du système ainsi que sa pertinence. En clair, le système pourrait lui-même causer des accidents. En effet, l’effet de surprise provoqué par l'alerte qui se déclenche, peut distraire le conducteur, tout comme les changements de vitesse non contrôlés. Les panneaux successifs de changements de vitesse exigeront que la technologie soit extrêmement agile, pour éviter les alertes brusques et les réactions violentes des conducteurs. La technologie de reconnaissance visuelle est aussi remise en question, en raison du manque d’efficacité potentiel pour lire les panneaux en zone de travaux ou près d’une bretelle de sortie d’autoroute. L'association déclare enfin qu’il s’agitn une fois n'est pas coutume, d’une "mesure liberticide, qui va profondément changer notre manière de conduire et notre quotidien".

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