Impôts: comment le fisc va décrypter vos publications sur les réseaux sociaux pour vous contrôler

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La rédaction de France-Soir
Publié le 19 novembre 2018 - 12:38
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Ecran d'ordinateur avec plusieurs logos du réseau social Facebook
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© NICOLAS ASFOURI / AFP
Bercy pourra explorer vos publications sur les réseaux sociaux pour vérifier votre déclaration.
© NICOLAS ASFOURI / AFP
Dès 2019, Bercy va utiliser un outil informatique qui analysera les publications des contribuables sur les réseaux sociaux afin de les contrôler plus efficacement et traquer des preuves de train de vie sans mesure avec les sommes figurant sur la déclaration.

Si vous êtes en délicatesse avec le fisc, gare à vos publications sur les réseaux sociaux à partir de 2019. Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Comptes publics, avait déjà annoncé que Bercy allait se doter d'un "outil" permettant de repérer les fraudeurs sur les plateformes les plus populaires.

Comment cela va-t-il fonctionner concrètement? Selon les informations du Parisien, cet outil de "data mining" (l'exploration de données) pourra traiter les photos, les informations de profil ou les messages publics, qui seront traités par un programme informatique et comparés aux informations déjà à disposition de l'administration fiscale comme les salaires, les allocations et les autres sources de revenus. Bercy est en train d'échanger avec la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) les limites légalement acceptables en termes de respect de la vie privée.

Le principe derrière cette collecte de données est simple: il s'agit de découvrir sur les réseaux sociaux des éléments de train de vie visiblement incompatibles avec les déclarations faites par les contribuables. Se présenter comme résidant d'un autre pays en affichant constamment des photos de soi prises en France, ou afficher un train de vie avantageux sur les réseaux sociaux (images de restaurants, de sorties…) alors que l'on déclare des revenus modestes pourront être des éléments retenus par le fisc pour déclencher un contrôle fiscal.

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Bercy a investi pas moins de 20 millions d'euros dans cet outil informatique qui pourrait s'avérer beaucoup plus efficace et fiable que les dénonciations par courrier qui, entre les informations fausses, invérifiables ou peu pertinentes, ne sont retenues comme pièces dans un dossier de contrôle fiscal que dans 1% des cas.

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