Le déficit commercial de la France se dégrade plus que prévu en 2016

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Le déficit commercial de la France se dégrade plus que prévu en 2016

Publié le 07/02/2017 à 18:01 - Mise à jour à 18:02
©Issouf Sanogo/AFP
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Le gouvernement tablait sur un déficit commercial de 45,3 milliards d'euros pour 2016. Il s'établit nettement au dessus, rompant la dynamique à la baisse de ces dernières années.

Le déficit commercial français s'est dégradé plus que prévu en 2016 pour s'établir à 48,1 milliards d'euros, nettement au-dessus de l'objectif du gouvernement, rompant la tendance à la baisse de ces dernières années.

"Ce ne sont pas des bons chiffres. Ce n'est pas une bonne année", a reconnu le secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, Matthias Fekl, interrogé par l'AFP sur le chiffre publié par la direction générale des douanes, attribuant principalement cette détérioration à l'aéronautique et à l'agriculture.

"Il y a eu des retards chez les fournisseurs d'Airbus qui ont décalé des livraisons" d'avions, provoquant une aggravation du solde de l'aéronautique de 4,7 milliards d'euros "qui a contribué fortement à la dégradation globale", a-t-il expliqué.

M. Fekl a également pointé une baisse de 2,5 milliards d'euros des exportations agricoles "en raison d'une mauvaise saison dans les céréales", liée notamment aux inondations du printemps dernier.

En 2015, le gouvernement était parvenu à réduire le déficit commercial pour la quatrième année consécutive pour le ramener à 45 milliards d'euros, loin du record historique de 74,5 milliards atteint en 2011.

Dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2017, présenté en septembre, le gouvernement s'était fixé un objectif de déficit commercial de 45,3 milliards d'euros pour 2016, après avoir initialement tablé sur une amélioration à 40,3 milliards.

Cette aggravation du déficit est due à "un accroissement du déficit manufacturier supérieur à l'allègement de la facture énergétique", ont expliqué les douanes. Les exportations françaises ont baissé de 0,6% en 2016 après avoir connu un bond de 4,4% en 2015, dans un contexte de recul du commerce mondial.

Pour Ludovic Subran, directeur de recherche chez EulerHermes et Allianz, ces chiffres dévoilent "la faible agilité de l'appareil export France et la faible prise de risque", face à une croissance américaine qui s'est limitée à 1,6% l'an dernier et les conséquences du Brexit.

"Il y a une stagnation des exportations alors que l'euro est particulièrement bas notamment vis-à-vis du dollar", a-t-il souligné. Selon les Douanes, les exportations hors UE se sont contractées de 2,1% l'an dernier.

Emmanuel Jessua, directeur des études à l'institut Coe-Rexecode, pointe une autre préoccupation: "Nos parts dans les exportations de la zone euro continuent de chuter. Elles représentaient 17% des exportations de la zone euro, aujourd'hui nous sommes à 13,4%, un plus bas historique pour les biens et services", a-t-il expliqué. "Il s'agit d'une tendance que nous ne parvenons pas à enrayer", a-t-il regretté.

Les exportations de produits énergétiques ont ainsi affiché l'an dernier "un nouveau repli". En revanche, les ventes de véhicules automobiles sont en hausse pour la troisième année consécutive, selon les Douanes.

M. Fekl a toutefois souligné que le secteur automobile avait connu "une dégradation liée à une hausse des importations".

"Nous avons des importations élevées et une part de délocalisation de production, que ce soit en Europe de l'Est ou dans les pays du Maghreb qui est une réalité", a-t-il détaillé.

Parallèlement, les importations ont "stagné (+0,1%) du fait de la forte contraction au premier semestre des approvisionnements énergétiques", précisent les douanes.

Par ailleurs, selon la Banque de France, le solde de la balance des échanges de biens et services entre la France et l'étranger s'est dégradé l'an dernier de près de 12 milliards à -27 milliards.

"Il y a évidemment un effet lié aux attentats sur le tourisme, mais elle n'explique qu'un tiers de cette baisse. La moitié pourrait être imputable à des services à haute valeur ajoutée, comme l’ingénierie ou la recherche et développement", a constaté M. Jessua. "C'est un phénomène nouveau et sujet d’inquiétude", a-t-il ajouté.

M. Fekl a toutefois souligné que le solde de la balance des transactions courantes (qui inclut les flux entre la France et l'étranger liés aux revenus des investissements et du travail) s'est certes détérioré pour se situer à -1,1% du PIB l'an dernier, "mais il reste proche de l'équilibre".

Pour 2017, le gouvernement a prévu un déficit commercial de 48,9 milliards dans son projet de budget.

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP


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Matthias Fekl, secrétaire d'Etat chargé du Commerce extérieur, a concédé que 2016 "(n'était) pas une bonne année".

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