ISF: politiques et économistes divisés sur l'efficacité de sa suppression

ISF: politiques et économistes divisés sur l'efficacité de sa suppression

Publié le 09/10/2017 à 18:06 - Mise à jour à 18:20
© DAMIEN MEYER / AFP/Archives
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr
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La suppression de l'impôt sur la fortune (ISF) est l'un des points polémiques du Budget 2018. Outre le gouvernement et l'opposition, les économistes eux-mêmes divergent sur l'utilité d'une telle mesure. S'il apparaît claire qu'elle représente un manque à gagner pour l'Etat, son impact sur l'investissement ou le retour des exilés fiscaux ne fait pas consensus.

La suppression de l'impôt sur la fortune, serpent de mer fiscal, pourrait finalement arriver avec le Budget 2018. Une mesure qui provoque un vaste débat sur son efficacité comme sur son idéologie chez les politiques comme chez les économistes.

Le gouvernement martèle que cela pourrait réduire l'exile fiscale, l'opposition critique une mesure favorisant les plus riches et aux effets limités. Deux discours qui trouve un écho dans le monde des économistes.

Pour certains, l'argent économisé par les personnes jusque-là assujetties à l'ISF bénéficiera aux investissements. "Cet impôt empoisonne la vie politique du pays depuis un demi-siècle, plus vite on s'en débarrassera, mieux ce sera", selon Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, cité par le JDD. Ce serait en revanche "une faute historique" selon Thomas Piketty, auteur d'une tribune publiée samedi 7 dans Le Monde.

Les opposants à la suppression de l'ISF avancent notamment comme argument son faible impact sur l'exile fiscale. En effet, il ne ferait pas fuir beaucoup de Français vers l'étranger. Depuis une quinzaine d'années, les exilés ne représentent que quelques centaines de contribuables sur les plusieurs centaines de milliers qui payent cet impôt. Il s'agit sans surprise des plus fortunés.

L'effet de la suppression de l'ISF sur les recettes de l'Etat, même en comptant sur un repenti fiscal et le nouvel impôt sur la fortune immobilière et autres taxes sur les produits de luxe, sera donc négatif. Environ 4 milliards d'euros de manque à gagner.

Reste donc à savoir si cet argent va bien "ruisseler" vers les investissement. Une théorie à laquelle même le ministre de l'Economie Bruno Le Maire dit ne pas croire. Mais au-delà de ce calcul, beaucoup de partisans de la fin de l'ISF y voient aussi un symbole, celui d'une France qui se débarrasserait de son image hostile aux investisseurs et aux plus fortunés.

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr

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L'ISF représenterait 5 milliards d'euros de recettes fiscales pour l'Etat.

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